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Mes articles parus dans le Les Immigrants de la Capitale (Qc)

Dans la gueule du loup à Herouxville
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

J’étais à Hérouxville. La femme du conseillé municipal m’a embrassé pour me prouver qu’elle n’est pas raciste. Son mari, monsieur Drouin quant à lui s’est hâté de nous décorer Mihaï et moi, citoyens de Hérouxville en nous offrant chacun un pins marqué des armoiries de la municipalité. On peut y lire: «Hérouxville carpe diem».

Au moment de nous dire au revoir après notre entrevue avec le conseiller, sa femme, Luce Savard me dit gentiment : «vous savez mon cher monsieur, si tous les gens du monde entier pouvait s’aimer, je vais pouvoir mourir en paix». Que de beaux gestes et belles phrases. Ces signes sont-ils sincères ou le couple s’est simplement accommodé pour les beaux yeux et oreilles des immigrants que nous sommes ? Difficile de le savoir.

La population de la municipalité, ne s’est montrée hostile à notre visite. Tout noir que je suis, je ne suis pas passé inaperçu dans ce coin loin d’être multiculturel. Je pense à cette jeune fille qui me dévisageait depuis sa voiture d’une manière très subtile mais éloquente. Il y a aussi cette gérante du dépanneur Gem qui, après m’avoir indiqué le chemin du domicile du conseillé municipal, ne m’a pas quitté du regard jusqu’à la voiture. Mon confrère Mihaï quant à lui, avec son accent roumain, ne pouvait pas cacher non plus son origine étrangère. Malgré tout, nous étions bien reçus avec le sourire bien québécois au dépanneur et au restaurant le Timothée.

Ces gens n’ont rien laissé transparaître de méchant. Comme tous bons Québécois. Et honnêtement, je ne doute pas de leur sentiment. Avant de quitter Québec pour Hérouxville, mon collègue de travaille Eric Martin, un Québécois de souche m’a presque crié en face: «es-tu fou pour aller te jeter à la gueule du loup ?» Je lui répondu : « Mais non ! Il ne faut pas exagérer. C’est quand même des humaines qui vivent là-bas ! » Le contraire d’un accueil positif m’aurait donc étonné. Le seul hic, c’est qu’il y a tout un décalage avec le ton du nouveau code de vie de la municipalité et toute la tempête médiatique a déclenché.

Le peuple ordinaire de Hérouxville, nous ne l’avons pas beaucoup vue. La bibliothèque et le pub étaient fermés. Les rues étaient désertes ou plutôt blanches de neige. Les habitants se terraient dans leurs maisons d’une tranquillité visible. Est-ce parce qu’il faisait froid dehors ? Peut-être oui, mais on peut aussi comprendre que ces gens étaient fatigués cette affaire. Fatigués de voir des journalistes. Fatigués de ces touristes inattendus qui viennent non pas pour voir les beautés du coin, mais plutôt interroger leur attitude.

Ce malaise se lit dans aux les yeux des quelques rares habitants croisés dans la rue. Ils répondent très gentiment à notre salut et nous souhaitent la bienvenue. Mais dès lors qu’on aborde la question du fameux code de vie, c’est un silence exprimé en une phrase sans méchanceté : « Je n’ai pas de commentaire à faire la dessus». Même le bureau municipal était fermé avec la mention : «nous n’accordons plus d’entrevue» collée à la porte. Et comme si on voulait laisser monsieur Drouin assumer seul le code de vie qu’il a initié, aucun des citoyens rencontrés n’a avoué avoir répondu au sondage préliminaire. Tous ont déclaré avoir appris la nouvelle par les médias.

Ce code de vie de trois pages a fait connaître la municipalité à travers le monde. Monsieur Drouin peut s’en réjouir peu importe ce qu’on en dit. Loin décourager les immigrants, on attire plutôt leur curiosité. Cependant, avec ou sans code de vie, il y a peu de chance que Hérouxville soit une destination enviable pour les immigrants. Du moins, pas pour le moment. Il n’y a que deux logements à louer et peu de possibilités d’emploi selon l’aveu monsieur. Personnellement, je n’y penserais qu’au moment où j’aurais besoin d’une belle nature silencieuse pour écrire un mémoire.

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Trois femmes voilées à Hérouxville
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

«Ce qui parait utopique aujourd’hui peut être réaliste dans 10 ans». C’est la réplique de Luc, le gérant du restaurant le Timothée aux trois femmes voilées qui essayent de le convaincre que le code de vie à Hérouxville n’a pas sa raison d’être.

Suzette Gilbert, Mariam et Yolande Tétreault sont toutes des Québécoises de souche converties à l’islam. «On peut donc pas nous retourner chez nous», revendiquent-elles. Ces femmes sont de venues de Longueuil et de Saint Jean-sur- Richelieu pour rencontrer les gens et discuter avec eux afin de leur enlever de l’esprit la mauvaise interprétation de l’islam. Elles expliquent que, ce n’est pas parce qu’elles sont est voilées et qu’elles prient cinq fois par jour qu’elles ne peuvent pas s’adapter aux autres. «Les gens gagnent à nous connaître», soutient Mariam Tétreault qui porte le hijab en tant que musulmane depuis 20 ans.

Le code de vie de Hérouxville, Mariam le trouve «loufoque parce que nulle part en occident, on ne lapide de femme». Quant à l’excision, elle précise que c’est une pratique culturelle qui ne fait pas partie de l’islam. Convertie à la religion musulmane, Mariam s’est vue fermée la porte par sa mère pendant deux ans. Comme ses consoeurs, sa famille catholique s’est sentie trahie. À Hérouxville, les trois femmes voilées s’assurent que la nourriture qui leur est servie au restaurant ne contient pas du porc. Elles mangent en discutant chaleureusement les gens qui y viennent. Mais, même si elles affirment que la population est très accueillante à leur égard, la porte de l’auberge sur la rue Goulet leur était fermée. Venues pour passer au moins deux jours, elles ne savaient pas toujours où passer la nuit.

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Le mois des Noirs
«Pour que la mémoire se rappelle»
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

«Je vous remercie mon Dieu de m’avoir créé noir, d’avoir fait de moi la sommes de toutes les douleurs. Le blanc est une couleur de circonstance, le noir la couleur des tous les jours…». C’est l’extrait du poème de Bernard Dadier déclamé par Jean-Marie Alexandre ce vendredi 9 février 2007 au Musée de la Civilisation de Québec.

C’est la 3e édition du mois de l’histoire des Noirs organisée par l’Institut et de Recherche de Formations interculturelles de Québec en collaboration avec le centre R.I.R.E.2000. L’objectif de l’activité: souligner l’histoire douloureuse des Noirs déportés de l’Afrique vers l’Amérique «pour que la mémoire se rappelle». Selon l’organisateur de l’événement, monsieur Michel-Salmador Louis, Le MOIS DE L’HISTOIRE DES NOIRS célèbre non pas une joie mais «le courage et les souffrances de toute une race qui porta l’humanité entière sur sa tête, sur son dos, sur ses épaules, dans ses bras. Cette race qui ne peut pas oublier le passé, ne cesse de chercher à comprendre l’avenir».

Cette année, l’activité a eu pour invité d’honneur madame Maryse ALCINDOR, sous-ministre de l’immigration et des communautés culturelles du gouvernement du Québec. Celle-ci a animé entres autres invités, une conférence sur la contribution des Noirs au développement du Québec. Outres les conférences, les déclarations, les échanges et des hommages, la soirée a été agrémentée par des performances artistiques émouvantes. Si Hans Leveillé et ses musiciens ont emporté l’assistance dans la mélodie afro-jazz ancestrale, Jean-Marie Alexandre et Marie-Josée Samson ont su quant à eux pénétré les cœurs de rocs en déclamant de voix percutantes, les poèmes de Bernard Dadier, Aimé Césaire, Frantz Mars et Bernard Moutouo. Ce dernier étant par hasard présent à la soirée ne pouvait étouffer son émotion en écoutant la Québécoise qui ne le connaissait pas auparavant lire sont poème intitulé À un exilé

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Tchad, le berceau inconnu
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

«Tchad ? C’est où ça ?. Cette phrase, les Tchadiens de la diaspora finissent par s’y habituer. Pour beaucoup de Nords-amréricains, c’est la première fois qu’ils entendent ce nom. Pourtant, depuis la découverte de Toumaï en 2001, on parle de plus en plus de ce pays comme berceau de l’humanité. De quoi piquer encore des curiosités.


Situation géographique et attraits touristiques

Situé en plein cœur de l’Afrique, le Tchad 5ème pays le plus vaste du continent avec une superficie de 1 284 000Km² pour une population de 9 950 000 habitants. C’est un territoire enclavé entre la Libye au Nord, la République centrafricaine au Sud, le Cameroun, le Niger et le Nigeria à l’Ouest. À l’Est, le pays partage sa plus longue frontière avec la tristement célèbre région soudanaise du Darfour. C’est ce qui explique la présence au Tchad de plus de 200.000 réfugiés fuyant les conflits du Darfour.

La température au Tchad varie de 17 °C en décembre à 45°C en avril. Du Sud au Nord, le pays s’étend d’une forêt claire tropicale, au grand désert du Sahara en passant par une savane arbustive. Au centre ouest du pays l’emblématique Lac Tchad lutte contre l’avancée du désert malgré l’apport en eau de ses fleuves affluents : le Chari et le Logone. Plus au Nord, culminent deux couronnes de montagnes et de plateaux : le massif du Tibesti avec une altitude de 3415 m au volcan de l'Emi Koussi et le plateau gréseux du Ouaddaï. Le charme naturel du Tchad c’est aussi le plaisir de croiser des girafes, des éléphants, des gazelles et bien d’autres grands et petits animaux dans la zone Zakouma.

Pour les amoureux des vestiges historiques, les poteries et autres sculptures de l’art Sao sont des beautés exotiques. À propos de Sao, la légende dit qu’ils sont des hommes géants capables transporter un éléphant sur chaque épaule. Ils auraient vécu jusqu’au 16e siècle dans la région du Lac Tchad où l’on trouve encore leurs traces. Ils étaient pour les Tchadiens, ce que les Gaulois sont pour les Français. Cependant, depuis la découverte de Toumaï (ancêtre de l’homme vieux de 7 millions d’année) 2001 faisant du Tchad le berceau de l’humanité, on en parle davantage que des Sao.

Une diversité culturelle dans un pays où tout le monde est noir

À l’image du paysage la culture tchadienne est loin d’être homogène. Le français et l’arabe tchadien sont langues officielles. Mais plus de ces deux langues, il se parle plus de 150 langues vernaculaires, d’un bout de pays à l’autre. Il ne s’agit pas de simples variations d’accents comme c’est le cas avec le français au Québec ou en France. Ce sont des langues bien distinctes les unes des autres, selon les régions. Ainsi un Tchadien parlant le kabalaye ou le moundang au Sud du pays, peut ne comprendre aucun mot du gorane ou du Zagawa parlés au Nord. À titre d’exemple, pour l’expression «comment vas-tu ?», un locuteur de massa de Bongor dira : « ang lidah ?». En ngambaye à Moundou, la même question se traduit par « i tô bann ?» alors qu’en arabe tchadien on dira «kikef inti afé ?».

À chacune de ces ethnies correspondent des valeurs culturelles, des pratiques traditionnelles, des totems et des rythmes musicaux lui sont propres. Ainsi les saras pratiquent l’excision, les lélés ne font pas nécessairement. Si les hadjaraï vénèrent le varan, les marbas en font volontiers un plat juteux. Si les ngambayes dansent le dala, les sara ont plutôt le saï comme danse folklorique, Les massas quant à eux sont les spécialistes naturels de la rythme gournang, etc. N’Djaména la capitale bouillonne de cette diversité cultuelle avec une ambiance si chaleureuse que tous les étrangers qui y vont ne songent que d’y retourner.
Cette multiplicité de groupes culturels ne se limite pas qu’au niveau linguistique. Outre les pratiques et les croyances traditionnelles, les confessions religieuses se côtoient aussi avec une harmonie relative. Il existe les deux religions monothéistes, l’islam (55 % de pratiquants) et le christianisme (35%). Aucune des religions n’est cependant une religion d’État parce que le Tchad est un pays laïc.

Une démocratie mitigée et l’or noir qui fait rêver

En 1990 le dictateur Hissein Habré est renversé par Idriss Deby, l’actuel président. Le Tchad entre ainsi à l’aire démocratique. Le nombre phénoménal des associations sociales, partis politiques et médias actuels ne peut pas démentir cette réalité. La pratique démocratique n'est encore cependant au niveau de la totale liberté d’opinion. Il arrive souvent que des journalistes soient emprisonnés pour des articles dits diffamatoires. Le président Idriss Deby qui terminé ses mandats a dû faire modifier la constitution par référendum pour se faire réélire et demeurer au pouvoir depuis 17 ans. Cela ne fait pas la joie de tout le monde. Outre les partis politiques d’oppositions officielles, le pouvoir actuel fait face à des rebellions armées qui cherchent à le renverser lui aussi.

Sur le plan économique, malgré ses richesses et beautés naturelles le Tchad est  peu développé. Le pays vient à peine d’entrer dans la famille de producteurs de pétrole en 2004 après de longues années de controverses et d’oppositions des groupes environnementalistes. Avec les recettes prévisibles de l’exploitation pétrolière estimées à 2 milliards de dollars pour les 25 prochaines années, on aurait cru à une évolution économique rapide du pays. Mais, le projet semble mal négocié et les retombées ne promettent pas nécessairement la fin de la pauvreté.

Hormis cet or noir qui fait rêver, le Tchad est tout d’abord un pays agropastoral. Le pays exporte surtout du coton, du bétail, et de la gomme arabique. Les Tchadiens ordinaires ne se font pas d’ailleurs d’illusions et continuent avec le même élan leurs activités habituelles. Les uns agriculteurs sédentaires, les autres éleveurs nomades, les paysans tchadiens vivent essentiellement des cultures vivrières de mil, arachide, haricot, et autres céréales , mais aussi de l’élevage de bovin et de caprin ainsi que de la pêche.

Au Tchad, «on peut mourir de faim, mais l’étranger doit manger»

Si l’hospitalité africaine est une légende, la tchadienne ne l’est pas moins. Au-delà de leurs différences culturelles, religieuses et malgré la conjoncture économique peu favorables, les tchadiens sont des gens traditionnellement généreux accueillants et très souriant. Aussi pauvre soit-il, un tchadien qui reçoit un étranger se sent honoré. On dit souvent qu’on «peut mourir de faim, mais il est inadmissible que l’étranger ne mange pas».

L’accueil habituel au sud du pays par exemple, se fait en égorgeant pour l’étranger une chèvre ou un coq pour les plus modestes. Un étranger pressé de partir, peut emporter l’animal vivant. Dans certains cas, on peut égorger un cabri pour le séjour de l’étranger et lui offrir en cadeau d’une ou plusieurs poules vivantes à sont départ. Pauvre ou riche, jeune ou vieux, les Tchadiens connaissent très peut la solitude. Tout se partage en famille au sens très large. Le repas se prend ensemble dans un même plat. De même, l’éducation est l’affaire des tous. Un enfant qui commet une faute est corrigé par n’importe quel oncle ou tante du village sans attendre ses parents propres.

Ces valeurs de vie et de solidarité, les enfants y sont initiés dès leur bas âge. Même à l’égard d’un inconnu, on les éduque à donner sans compter. « Si une personne que tu ne connais pas, vient te demander de l’eau à boire ou des arachide pour manger, monte dans le grenier et donne lui ce qu’il y a. C’est peut-être l’arbre dans la cour qui s’est transformé en une personne pour ton éducation», inculquent les parents aux jeunes enfants, avant d’aller au champ.

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L'ombre du Che au Québec
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

Il y a trente-neuf ans, sous l’égide de la CIA, les soldats boliviens capturèrent et exécutèrent le révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara à La Higuera. Ce fût la fin de rêve d’un «che » («homme », en langue autochtone argentine).

 Depuis la mort du Che, s’accomplit  cette phrase de son ex-compagnon de la révolution cubaine marxiste, Fidel Castro : « Tu as disparu physiquement, mais ton image et tes idéaux restent et resteront présents en nous, parce que ceux-là, ils ne pourront jamais les tuer avec des balles ». Aujourd’hui encore, le Che reste vivant dans le cœur de ceux qui l’ont connu, et son héroïsme habite fortement l’esprit de certains jeunes à travers le monde.

Pour souligner le 39e anniversaire de la mort de cet homme historique, la confédération des associations des Latino-américains (CASA-LATINO) de Québec a organisé une soirée en «mémoire de Che Guevara » le samedi 7 octobre au café-bar l’Agitée de la coopérative de solidarité au quartier St. Roch. Au programme, deux films et une conférences-débat. La première projection est un documentaire réalisé par Radio Canada qui faisait revivre les derniers moments de Che Guevara. On pouvait y voir de vielles personnes témoigner du Che. Elles parlent de lui comme d’un messie dont l’esprit immortel veille encore sur eux depuis les cieux. Le deuxième film quant à lui est un vidéo-amateur en espagnol qui montrait une manifestation des jeunes progressistes paraguayens contre l’impérialisme américain. L’ombre du Che y est aussi visible à travers des affiches et des tee-shirts à l’effigie de celui-ci.

L’anthropologue et homme d’affaires paraguayen, Victor Ramos a ensuite présenté sa conférence sur la résistance pacifique des citoyens latino-américains face à la stratégie de domination impériale des États-unis. Pour celui-ci, les si les populations de l’Amérique latine sanctifient presque Che Guevara, c’est que le sens de sa lutte les a profondément rejoints. À ceux qui considèrent l’homme comme un rêveur idéaliste, voire un terroriste, monsieur Ramos réponds que : «quand quelqu’un pense de bien, on dit toujours qu’il est idéaliste. Che est un homme d’action très réaliste et très lucide». Mario Gil, un des organisateurs de l’événement, soutient à son tour que : «Che Guevara est le porteur de l’espoir révolutionnaire. Il a pensé avec son cœur et nous dit qu’un monde de justice est possible ».

Si pour ses supporteurs, Che Guevara est un héros, pour certains, le personnage est un terroriste assassin, comparé même à Ben Laden. Un simple tour sur Internet permet de se rendre compte de cette controverse.

Médard MINI-MINI

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Robert Lepage livre
une belle page aux immigrants de Québec
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

Au-delà des couleurs, des rythmes et des saveurs variés, la foire de la diversité a aussi servi de tribune pour un appel à l’ouverture interculturelle. Pour prêcher ce credo, des voix non les moindres se sont faites entendre.

Après le message d’unité de l’invité surprise,  Normand Brathwaite, la Ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles a tenu à souligner l’importance des immigrants au Québec. Précisant qu’il y a 125 communautés culturelles différentes présentes au Québec, madame Lise Thériault a déclaré que «l’immigration participe au renouvellement de la population du Québec, à celui de sa main-d’œuvre, de son économie et de sa culture».

La voix qui a le plus séduit l’oreille des immigrants est celle de Robert Lepage. Réalisateur, acteur, dramaturge et metteur en scène de renom international, Robert Lepage est le président d’honneur de l’événement. Pour ce dernier, «la diversité culturelle est une réalité qui touche et enrichit toutes les sphères d’activités de notre société québécoise, et cette réalité mérite d’être soulignée et célébrée». S’adressant aux immigrants de Québec, il leur tire son chapeau pour le courage qu’ils ont eu en choisissant de s’installer à Québec. Par des termes clairs et des phrases intellectuellement raffinées, l’homme de grande culture a aussi expliqué à l’assistance que la réalité des immigrants de la capitale est bien différente de celle de la métropole. Il relève, entre autres le fait qu’ici, il n’y a pas de quartier portugais, de chinatown, de petite Italie etc. où les communautés culturelles peuvent se réfugier et se refermer sur elles-mêmes. L’homme qui a visité plusieurs villes du monde soutient en outre que « pour survivre à Québec, il faut savoir s’intégrer et se battre constamment contre les préjugés pour faire respecter ses droits de citoyens à part entière». Puis, il invite la foule multicolore des Galeries de la Capitale au rapprochement dans un climat de paix et de fête. Car, «le temps que l’homme fait la fête, il ne fait pas la guerre», conclut il avec éloquence.

La fête a commencé par une série de défilés de modes, le baladi, et la danse de lion dirigée Jocelyn Toy. Elle s’est poursuivie par un concours de danse aux rythmes salsa, merengue, flamecco et bachata interprétés par l’infatigable groupe de danse latine Melao. Les grands gagnants sont les couples Arsene Nague et Frédérique ainsi que Suzy Gingras et Siobann Pablo S. Galvar qui ont démontré avec passion l’intelligence de leur pas.

Le décor aux couleurs de l’arc-en-ciel, la variété de produits exotiques dans les différents kiosques et le sourire allumé de chaque québécois originaire d’ici ou d’ailleurs ont contribué à tenir le public en haleine jusqu’à la tombé de rideau.

MINI-MINI Médard
 

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Etranger à vie
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

« Je suis né dans ce pays, j’y ai vécu trente ans, et on me parle encore d’intégration. Je ne vois pas comment il faut faire, pour être intégré ».  Ainsi s’exprime Abdel Ghoulam, un français dont des parents algériens, lors d’une émission de radio. Puis, il ajoute qu’en trois ans de vie à Montréal, il se sent plus Québécois que Français. Waouh ! C’est l’exclamation qui a suivi son propos. Mais que signifie cette interjection ? L’étonnement ou l’enthousiasme ? Dire qu’il y a gens qui vivent ici depuis plus d’une décennie et qui se sentent toujours étrangers. On se demande fort bien de quel côté se penche la vérité. Certes, on dira que cela dépend de situations et de l’effort d’intégration de chacun. Mais cela m’amène à me poser une question : faut-il connaître deux immigrations pour mieux apprécier là où on est ? Si Monsieur Ghoulam n’avait pas connu cette galère en France, saurait-il affectionner le Québec et développer ce sentiment d’appartenance en si peu de temps ? Cela fait trop de questions.

Je ne suis ici que depuis trois ans aussi, et je m’adapte encore doucement. Pour être honnête, je n’ai pas encore réussi à me sentir plus Québécois que mon origine. Mes références culturelles et intellectuelles sont encore africaines. Ma culture québécoise est encore très limitée. Et ans la rue, je me fais encore demander d’où je viens, ce que je pense de l’hiver et des Québécois. Ce qui soutenant que je ne le suis pas. Comme le dirait Seydou Badian, un auteur africain : « le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transforme jamais en crocodile ». Je ne réussirais peut-être jamais à devenir Québécois comme il faut, selon l’expression d’ici. Faut-il pour autant voir tout en noir ? Une question une question de plus. Je suggère simplement à ceux qui songent décrocher, de s’arrêter et se demander, si finalement, on est pas mieux ici qu’ailleurs où l’on risque d’être toujours étranger…

Médard MINI-MINI

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Danses et rythmes du monde à Québec
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)


C'est une vraie bête de scène. Au rythme d’un reggae hi-life mêlé à la consonance afro beat de Fela Kuti, le jeune homme musclé et grand de taille chante et danse les pieds nus avec une force de lion. Son nom : Selasee. Originaire du Ghana, l’artiste vient du Colorado aux Etats-Unis où il réside depuis quelques années.

Soutenue par celle de deux belles filles qui l’accompagnent, la voix de Selasee semble arrangée au son d’une flûte ancestrale ouest africaine. Adopté à l’unanimité par le public québécois qui découvrait un artiste de talent sympathique, Selasee est la révélation de la 11e édition Festival des journées d’Afrique. «C’est incroyable ! On aurait pu l’inviter au festival d’été», s’écrie une femme toute séduite. Mais le créateur de la chanson Run, véritable succès qui paraît sur l'un des jeux vidéo de soccer les plus vendus au monde, n’est pas le seul à marquer le point des grands à ce festival.

Jab-Jab, l’orchestre caribéen venu de Montréal n’a pas non plus endormi le public de la place D’Youville. Mené par Ross Whiteman, guitariste d’une passion visible sur scène, le groupe n’a amené que quatre de ses dix artistes Grenadiens, Ghanéen et Trinidadiens. L’intensité musicale n’en a pas pour autant souffert. Porteur d’une énergie contagieuse, Jab-Jab (ou le diable) a secoué l’assistance par la vibration très cadencée des Antilles. Même les plus sages des spectateurs ne pouvaient s’empêcher de bouger les pas à la mélodie du soca, du compa et du calypso de Trinité-et-tobago…

Entre la pluie et le beau temps, le Festival des journées d’Afrique, danses et rythmes du monde a ainsi tenu ses promesses. Du 26 au 30 juillet 2006, le parvis de l’Eglise Saint Roch et la Place D’Youville de Québec ont vibré aux sonorités musicales bien ensoleillées. Cependant, plutôt que des «Journées d’Afrique», l’événement aurait pu s’appeler simplement «Festival des danses et rythmes du monde» tant les genres et origines musicales sont variées. Les artistes venus de Québec et d’ailleurs sont loin d’être tous des africains. Si à Saint Roch la programmation a gâté le public des musiques dominicaine, brésilienne, cubaine colombienne et franco-sénégalaise avec des groupes comme Maracatu, Barabara Ruiz, Joaquin Diaz, Sierra, Fernando et Sadio Sisokho, au carré D’Youville la place a été plutôt aux genres hip-hop et reggae des styles modernes et juvéniles dominés par Accrophone, Steve K, Vice-Verset, OTMC, LCM’RAR, Sir Pathetik et Kulcha-Connection.

Hormis Selasee, les Amazones et Warrabba, l’Afrique, celle au nom de laquelle le Festival a lieu est quasiment absente. Et cela, tant au niveau du public qu’au niveau de la programmation. Attendu avec intérêt, l’unique groupe authentiquement africain Amazones Maîtres-tambour au féminin de la Guinée n’a joué qu’in extremis au spectacle de clôture. Autre fausse note, le public québécois ne semble pas informé de l’événement. La majorité des personnes présentes aux deux sites étaient de passage au hasard. Ainsi, si Selasee, Jab-Jab et Kulcha-Connection et les spectacles de Saint Roch ont bénéficié de grands publics parce que les portes ont étaient ouvertes gratuitement au passants curieux, tous les jeunes artistes de premières scènes à au carré D’Youville ont joué juste devant leurs fans et l’espace vide. «La faible participation en Haute-Ville peut s’expliquer par l’entrée payante sur le site, mais également par la méconnaissance du Festival chez le grand public étant donné le peu de diffusion de l’événement. Les faibles subventions que reçoit le Festival des journées d’Afrique en sont la cause», explique Ousmane Guèye, organisateur du festival. Ainsi, la plus belle fille de Québec n’a pu donner que ce qu’elle a. Musicalement.

MINI-MINI Médard

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«Oui les plus belles femmes sont celles qui sont rondes»
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

C’est le coup de coeur bien engagé de José Breton. Activiste anti-diète depuis treize ans, l’homme se promène tous les étés dans les rues de Québec avec sa pancarte qui pique la curiosité.

Regardé bizarrement par les passants qui sourient ironiquement en continuant leurs chemins ou ceux qui viennent lui parler, José Breton sait que son propos choque les esprits des contemporains habitués au message contraire. Pour lui les vraies femmes ne sont pas celles qu’on voit dans les revues playboys. «Plus les femmes mettent de l’argent à essayer de maigrir, plus elles engraissent les coffres de cette industrie qui s’arrange à faire des publicités pour que les femmes soient de plus en plus obsédées par la minceur parce que ça génère beaucoup des profits». Monsieur Breton qui a créé une fondation «les belles rondeurs» estime que les femmes rondes sont victimes de «la seule discrimination acceptée au Québec». Selon lui, « on ne peut pas s’attaquer aux minorités visibles ni aux homosexuels. Ce serait mal pris. Mais aux femmes, ça ne dérange personne. Ces femmes sont rejetées, on les punit, on leur dit toutes sortes de choses au su et au vu de tout le monde». Avec sa fondation, Monsieur Breton envisage des projets culturels et artistiques mettant en vedette des femmes rondes. L’objectif serait de redonner confiance à celles qui doutent d’elles-mêmes parce s’estiment «grosses».

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Les immigrants et le français québécois :
Le refus ou l'acceptation?
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

«M’a checker si ma blonde vedge encore à souère au dépanneur ». Ne demandez pas à un Français de Paris vous de expliquer cette phrase. Il n’y comprend que dalle. Ici à Québec, cela signifie : «je vais voir si ma copine flâne encore ce soir au petit magasin». Dit avec l’accent québécois, c’est encore plus compliqué à comprendre pour tout francophone «conventionnel».

Plus qu’une simple variation, le français québécois est une langue à part entière. Ce n’est ni le créole antillais, ni le français de Moussa africain. «Les Québécois parlent une langue qui est fondamentalement française, mais qui est truffée de mille et une tournures, intonations et significations qui leur sont caractéristiques. Leur recette ? Des archaïsmes, des emprunts à l’anglais, des néologismes (…)», écrit Mario Bélanger dans l’avant propos du Petit Guide du parler québécois.
À l’université Laval, outre les dictionnaires du français québécois et un nombre considérable d’ouvrages traitant du français québécois, il existe des cours et plusieurs rapports de recherches sur le français nord-américain dont le québécois. Claude Poirier, Directeur de Trésor de la langue française au Québec du département de langues, linguistique et traduction a depuis 21 ans publié des ouvrages et plus d’une centaines d’articles sur le sujet. Cela n’empêche pas pour autant les immigrants francophones arrivés au Québec avec des bagages intellectuels et champs lexicaux différents d’être confrontés à un choc linguistique. Et cela n’est pas sans conséquence.

Outre l’accent québécois qui «je n’ennuie de toi»constitue une certaine barrière à la communication, les mots usuels, les formulations des phrases et les références culturelles ne sont pas toujours les mêmes. En exemple, au Québec on dit «barrer la porte» et non «verrouiller la porte»,  pour signifier «tu me manques», «tomber en amour» pour dire «tomber amoureux», «bienvenue» après un merci et non «de rien» etc. Certains nouveaux arrivants trouvent une beauté et une particularité enrichissante en cette langue. D'autres la considèrent comme un mauvais français. À ces derniers, le professeur linguiste Claude Poirier souligne que si certaines personnes pensent que le français québécois est un mauvais français, c’est parce qu’ils le comparent au français parisien qui n’a pas les mêmes références historiques et culturelles. «L’influence anglaise au Québec a été très grande au Québec. Les Québécois ont eu raison de contrer cette influence en pratiquant une politique officielle de francisation. Il reste que bon nombre d’emprunts à l’anglais sont bien enracinés dans les vocabulaires de la politique, de l’administration, du droit etc, de même que dans la langue courante ; il était impossible qu’il en soit autrement dans contexte anglophone nord-américain», explique-t-il.

Thomas Léro Tchassao est originaire du Togo. Il se définit comme amoureux «du bon français». Tout en reconnaissant que le français se parle à travers le monde avec des spécificités propres à chaque région ou pays, il affirme que certaines formulations grammaticales comme «tu peux-tu?» ou «inquiète-toi pas» ne sont pas enseignées comme telles à l’école. Il n’est visiblement pas prêt à adopter le style québécois : «Je sais comment on nous a appris à parler la langue française. C’est à coup de bâton et j’ai traversé plusieurs années à parler français. Ce n’est pas du jour au lendemain que je vais changer ma manière de m’exprimer». Il admet cependant que certains emplois comme «là-là» sont des réalités auxquelles on peut échapper sans le vouloir. «C’est quand même un autre cachet à la québécoise sur la langue française», déclare-il.
Cécile Hernu, quant à elle est française d’origine. Elle enseigne le français aux immigrants à Montréal avec un accent québécois. Pour elle, «il n’existe pas de français standard. Même en France, selon qu’on se trouve au Nord ou on Sud, on a des accents très différents». Elle soutient que si un immigrant apprend le français ici au Québec, il aura appris un français avec l’accent québécois mais n’aura pas nécessairement plus de difficultés à se faire comprendre en France ou ailleurs. Elle cite en exemple le cas de Johanna, une péruvienne ayant appris le français ici et Soulama, un Burkinabé, initialement francophone qu’elle comprend à une échelle égale.

Certes, «il est facile et agréable de communiquer avec les francophones du monde entier en utilisant le français conventionnel. Cependant, s’ouvrir à la variété des expressions plus régionales permet d’enrichir la langue de couleurs et de saveurs nouvelles», (Mario Bélanger, Petit Guide du parler québécois). Il reste aux immigrants de déterminer quelle attitude est gagnante pour eux.

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L'accent québecois
«Je ne dirais jamais tabarnak !»
Paru dans le mensuel Les Immigrants de la Capitale (Québec)

«Tout le monde sont content ?» Ce n’est pas du français ça ! C’est ce que je me disais il y a trois ans. Je venais de débarquer au Québec dit francophone. Passionné de la langue française, j’espérais trouver ici un cadre idéal pour me perfectionner. Mais très vite, il m’a été donné de constater que le français n’est pas le même partout. On parle peut-être la même langue mais pas de la même manière.

Le français québécois m’intriguait. Je ne sais plus si c’est l’accent ou les expressions inusités dans mon pays qui me dérangeaient. Non seulement, j’avais de la peine à comprendre mes interlocuteurs, mon propre français semblait incongru. Le pire, c’est que certaines expressions comme «Tout le monde sont content » «Toutes les hommes», la job etc…considérées fausses chez nous sont acceptées comme étant correctes ici, oralement en tout cas. Des termes masculins employés ou prononcés au féminin, sans compter des expressions et exclamations types québécoises. Cela commençait à m’irriter et je me suis mis à développer une hostilité à l’égard du parler québécois. Pour aucune raison au monde, je ne pouvais accepter l’idée de parler comme les québécois.

Aujourd’hui, sans savoir comment je me suis laissé convaincre, je me surprends de m’entendre dire de « tabarnak ! Ca se peux-tu ?». Au début je le disais sous forme d’ironie et finalement je ne me pose plus des questions. Ma lutte contre moi-même pour ne pas parler le québécois semble se lasser peu à peu. Je ne parle pas encore correctement le joual. Je ne parle plus le français dit «international». Est-ce enrichissant ou dégradant ? Faut-il m’en plaindre ou en être fier? Je ne suis pas encore certain de trouver la bonne réponse. Je me simplement compte que je parle de plus en plus le québécois.

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