|
Ces
apparences qui trompent au Canada
Au canada tout
se vent en pièces détachées. Même le poulet! Et je ne dit cela
pour rigoler. Il suffit de se rendre dans une épicerie pour se
rendre compte qu’on vent séparément les cuisses de poulet, des
ailes de poulets, de gésiers de poulet, foie de poulet, pattes de
poulet etc. Ce qui est énervant c’est qu’on ne trouve pas les
têtes de poulets pourtant bien appétissantes aussi.
Ce jeudi 9 septembre, il m’est arrivé une de ces mésaventures dû
au fait dans ce pays il y a aussi des apparences qui trompent.
Après le travail, je suis resté au bureau pour attendre l’heure de
la répétition théâtrale de notre atelier de théâtre interculturel.
Il était 17h. La répétition devait commencer à 18h30 pour se
terminer vers 21h. La grave erreur que j’avais commise, c’est de
n’avoir pas prévu un gros lunch. Dire que je suis
sorti de chez moi depuis 8h, mon ventre ne pouvait manquer de
réclamer de quoi le remplir. Sans mentir, je sentais vraiment la
faim. Le pire c’est que je n’avais pas d’argent en poche. Je
n’avais pas de choix que d’attendre les amis pour leur emprunter
quelques dollars et me dépanner sinon c’est clair que je ne
pourrais pas tenir le coup; Surtout que j’avais le plus gros rôle
C’est alors qu’arrive Johiiii la super bénévole. Ma demande faite,
elle me fila 4 dollars et malgré la vilaine pluie dehors, je suis
sortie pour aller au dépanneur d’à côté.
Je savais qu’avec 4 dollars je pourrais pas trouver de quoi manger
à ma faim gourmande. Alors réalisme oblige, j’ai commencé par voir
les prix de produits. C’est alors j’ai vu des ailes poulet à 30
sous/chaque. Les ailes étaient assaisonnées d’une belle sauce
rouge de tomate. J’ai trouvé le prix très abordable sachant qu’il
y a des pains à coté à 2 dollars. Calcul fait, je me suis trouvé
avec 6 ailes et une bonne botte de pains. C’est très suffisant
pour calmer ma faim. Je retourne tout joyeux au centre où
m’attendaient déjà le metteur scène (Cristian) Johiiii, et Nadia.
Tout excité j’ouvris très rapidement mon paquet. En mâchant déjà
un morceau de pain, je pris une aile du poulet que je croquai sans
me poser une moindre question. À ma surprise, le poulet était dur,
dur comme la viande de serpent. Je regarde le morceau et je rends
compte que l’aile était crue. Merde ! Pour ne pas dire « tabarnak »
comme les québécois.
Les amis s’étaient moqués de
moi. Mais est ce de ma faute ? J’ai pris pourtant la peine de
demander au vendeur si c’est prêt à manger. Il m’a répondu : OUI.
Et puis comment savoir qu’il puisse exister de sauce toute
préparée mais pas cuite? En cas, je viens d’être victime d’une
apparence.
Ce qui m’amuse, c’est que c’est la deuxième fois que de telles
mésaventures m’arrivent. La première fois, c’est passé quelques
jours seulement après mon arrivée à Montréal. J’étais allé au
super marché Zellers pour acheter une pommade « Nivea »
que j’utilisais au Tchad. J’arrive à la maison avec la crème et
pendant trois jours, je rends compte que chaque fois que je me
masse, ma peau séchait et me donnait de démangeaisons
insupportables. Je me grattais et ma peau devenait toute blanche.
J’ai cru que c’était le changement de climat…mais le soir du
troisième jour, je découvre que mon « Nivea » était du
savon et non la pommade. Imaginez combien je me suis senti
villageois.
Ce qui me
console c’est que je suis convaincu que je ne suis pas le seul à
qui cela arrive.
MINI-MINI Médard |
|
En rire ou pleurer?
Quand j’étais dans mon Afrique,
je croyais comme nombre de mes paires que les Nez-Gros sont les
seuls pauvres qui envient les biens matériels de Blancos. Cela est
peut être vrai. Mais en vivant chez ces Blancos ont découvre que
certains sont autant malheureux que nous. Encore plus même (comme
le diraient les Ivoiriens). Je ne vous parle pas de mendiants
qu’on rencontre dans toutes les stations de métro de Montréal.
J’ai déjà manifesté ma surprise quand j’en ai vu à Paris. Je
vous parle d’un acte misérable dont j’ai été victime. Certes j’en
suis choqué, mais comme vous me connaissez, j’aime rire de mes
malheurs. Désolé si cela choque les sages qui pensent que je
prends trop la vie à la légère. Mon avis est très simple : Ce
n’est pas en pleurant fort qu’on ressuscitera les morts. Ce
qui m’est arrivé me fait dire que la galère qui inspire les vices
ne se trouve pas que chez nous. Laisser moi donc vous compter mon
histoire.
Tout s’est passé le week-end du 19 au 21
novembre. Je suis allé à Trois Rivières* pour me donner la chance
de découvrir une ville de plus au Québec. À mon retour le dimanche
vers 22h à Montréal, désagréable fut ma surprise de remarquer que
la porte de ma chambre a été défoncée. Ma télé, mon magnétoscope,
mes CD et quelques uns mes vêtements ont disparu. Dieu merci pour
moi, mon ordinateur a été débranché mais, le voleur n’a
visiblement pas eu le temps de l’emporter.
Si j’étais en Afrique, j’irais peut-être voir
un marabout, ou consulter l’oracle chez un charlatan pour voir
l’ombre du voleur. Mais comme je suis au Canada, un des sept
pays les plus développés de la planète des humains, j’ai pris mon
téléphone pour aviser le propriétaire de la maison. Son fils au
bout du fil m’a signifié qu’il dormait déjà. J’ai failli crier
tabarnak…mais une voix au fond de moi me dit : non…du calme!!!
Je l’ai écouté et je me suis jeté au lit comme
un sac mil. La fatigue du voyage aidant, j’ai pu retrouver le
sommeil sans trop de peine. Le matin, après avoir inspecté de
nouveau ma piaule. J’ai téléphoné de nouveau au propriétaire qui
s’est présenté enfin. Sans commentaire, nous nous sommes rendu au
poste de police pour faire une déclaration de vol et déposer une
plainte. En quelques minutes un inspecteur est venu constater le
dégât et nous poser quelques questions. Un enquêteur devrait venir
à tout moment nous interroger davantage pour essayer de démasquer
le voleur. Mais déjà, on avait un suspect : un des mes deux
colocataires Québécois qui a des comportements assez louches.
Affaire à suivre…
MINI-MINI Médard
|