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Actualité


Ça recommence !

Comme un amusement, après tout ce que nous avons vécu le 02 et le 03 février. Hier N'djam la capitale était une ville qui préparait la guerre. Cela  se voyait dans les mouvements des militaires, leurs véhicules toyota étaient munis de fûts  de carburant alignés près pour un éventuel combat. Les banques hier grouillaient de  monde. Dans les stations d'essence, il y avait de longues files de véhicules. Ce matin certaines familles quittaient N'djam pour le sud ou pour le camer. Même si les rebelles sont encore loin,il y a de quoi s'inquiéter. Nous attendons comme vous pour voir l'évolution de la situation...

 

Le Chaos au Tchad
Article publié |10-02-2008| RAFIGUI.Net

Ces images montrent l’intensité avec laquelle les combats se sont déroulés du samedi 02 au dimanche 03 février 2008 à N’djamena. Filmée par un témoin, cette scène se déroule juste devant le Lycée Sacré-Cœur l’un des champ de bataille. Que de dégâts a connu ce Lycée.

Les dommages les plus importants au Lycée du Sacré Coeur sont ceux de la bibliothèque. Un obus y est tombé. La bibliothèque a pris feu. Aucun livre n’a survécu à l’action des flammes. Seuls  restent des cendres et des cadres en fer des tables et bancs. La dalle de l’étage n’est plus solide. Le risque que le  l'immeuble s’écroule est grand. Les vitres du bâtiment dans lequel est situé la bibliothèque et l’administration sont toutes brisées. On peut voir beaucoup de trous sur les murs et les fenêtres.

Le bâtiment de la pastorale faisant face à la CEBEVIRHA a reçu aussi un obus. Le mur est cassé, le toit a volé en éclats, le bureau de l’aumônier est méconnaissable. Deux salles de classes, la salle de couture, la maison du gardien et le mur séparant le lycée et le SECADEV (secours catholique pour le développement) ont reçu des obus.

Tous les bâtiments ont été criblés de balles. L’habitation des sœurs n’est pas du reste. Une balle a troué une porte frôlant une sœur couchée, a traversé la salle à manger en passant sous une table pour finir sa course dans l’armoire. Plusieurs autres balles ont touché l’habitation des sœurs. L’une d’elles a reçu des éclats.

Dans la cour, beaucoup de branches gisent à terre. Dès l’entrée on peut le constater. A droit, le tronc du baobab est déchiqueté. A gauche dans le parking, un caïcédrat en lambeaux. Juste à coté le château d’eau est marqué par un trou d’environ 7cm de diamètre. Selon les témoins, se sont les minutions du véhicule en feu qui l’ont atteint. A coté de ce véhicule calciné on peut voir à terre un béret rouge à moitié brûlé. Devant cette atmosphère de désolation, M.Tchobsala Lessam censeur du second cycle, sidéré,  lâche : « c’est vraiment la catastrophe (…) C’est aberrant qu’on vienne faire de la capitale un champ de bataille. »

Cette guerre qui n’a arrangé personne en marquant le Lycée du Sacré-cœur est venue perturber sérieusement les cours. La reprise ne se fera pas dans un avenir proche. Il y a assez de munitions qui n’ont pas explosé dans le lycée. Les salles ne sont pas en état pour permettre la reprise des cours.

Fangbo Bruno & Adjeffa Gamma Esaïe

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Nous avons RECULÉ d’un pas
Interview : Palou Etienne Bibliothécaire du Lycée Sacré-cœur.

Le Lycée du Sacré-Cœur a formé de nombreux cadres  qui aujourd’hui travaillent dans l’administration tchadienne. La Bibliothèque qui est partie en fumée est le lieu où ils ont puisé les connaissances qui sont à la base de leur réussite. Le bibliothécaire Palou Etienne, qui a passé 20 ans de sa vie dans cette bibliothèque nous livre ses impressions. Exclusivité RAFIGUI Presse Jeunes

RAFIGUI : quelles impressions avez-vous en voyant la bibliothèque en cendres ?

P.E (Palou Etienne) : C’est désastreux, c’est un choc et c’est écoeurant de voir cette bibliothèque partir en fumée. Ca me fait vraiment mal car c’est toute une vie pour moi d’entretenir, de gérer cette bibliothèque.

RAFIGUI : Quelle valeur donnez-vous à cette bibliothèque ?

P.E : Une bibliothèque est un lieu où on puise des connaissances, une richesse pour le savoir. Et comme tel elle a beaucoup d’importance pour les jeunes, pour les formateurs…Il y a des documents qu’on ne pourra pas du tout trouver parce qu’il ne sont plus édités. Ils sont rares. C’est quelque chose de capital que les jeunes du lycée et les formateurs ont perdue.

RAFIGUI : Quelle quantité de livre contient cette bibliothèque ?

P.E : Nous avons plus de 10.000 volumes.

RAFIGUI : Pensez-vous que le Lycée Sacré-Cœur retrouvera un jour sa bibliothèque ?

P.E : Pour retrouver une bibliothèque pareille, il faudrait que tout le monde s’y mette, les élèves eux-mêmes, les parents, les anciens, les organisations qui soutiennent les jeunes, les ONG. Je pense qu’on peut garnir la bibliothèque, on peut mettre ces documents à la disposition de la jeunesse qui est assoiffée de connaissance. Mais il faudrait se rendre à l’évidence qu’on ne pourra pas trouver le fond documentaire rare.

RAFIGUI : Avez-vous un message à donner aux élèves, aux autorités, aux rebelles de manière générale à tous les tchadiens.

P.E : C’est une situation à répétition que nous vivons chaque fois. Mais la destruction que nous connaissons est matérielle et humaine. La bibliothèque qui est détruite est un puit où  on vient puiser la connaissance. Et si on continue à perdre ces choses, nous ne pourrons pas avancer. On dit souvent que la jeunesse est fer de lance de la nation. Fer de lance par rapport à quoi ? Quand on détruit les centres de documentation. Chacun doit se regarder à l’intérieur de soi, voir sa part de responsabilité avant de regarder l’autre. On doit discuter franchement et arriver à une situation de paix. Tant que nous n’avons pas cette paix, nous continuerons à perdre des vies humaines, du matériel et cela ne nous fera que reculer. Cela ne nous donnera pas à décoller comme les autres pays. Pour le Lycée du Sacré-Cœur, nous avons reculer d’un pas mais si on se soude les coudes, on peut faire un bond à deux pas.

Fangbo Bruno

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