|
Nous avons RECULÉ d’un pas
Interview : Palou
Etienne Bibliothécaire du Lycée Sacré-cœur.
Le Lycée du Sacré-Cœur a formé de nombreux cadres qui aujourd’hui
travaillent dans l’administration tchadienne. La Bibliothèque qui est
partie en fumée est le lieu où ils ont puisé les connaissances qui
sont à la base de leur réussite. Le bibliothécaire Palou Etienne, qui
a passé 20 ans de sa vie dans cette bibliothèque nous livre ses
impressions. Exclusivité RAFIGUI Presse Jeunes
RAFIGUI :
quelles impressions avez-vous en voyant la bibliothèque en cendres ?
P.E
(Palou Etienne) : C’est désastreux, c’est un choc et c’est écoeurant
de voir cette bibliothèque partir en fumée. Ca me fait vraiment mal
car c’est toute une vie pour moi d’entretenir, de gérer cette
bibliothèque.
RAFIGUI : Quelle
valeur donnez-vous à cette bibliothèque ?
P.E : Une bibliothèque est un lieu où on puise des
connaissances, une richesse pour le savoir. Et comme tel elle a
beaucoup d’importance pour les jeunes, pour les formateurs…Il y a des
documents qu’on ne pourra pas du tout trouver parce qu’il ne sont plus
édités. Ils sont rares. C’est quelque chose de capital que les jeunes
du lycée et les formateurs ont perdue.
RAFIGUI : Quelle quantité de livre contient cette bibliothèque ?
P.E :
Nous avons plus de 10.000 volumes.
RAFIGUI :
Pensez-vous que le Lycée Sacré-Cœur retrouvera un jour sa
bibliothèque ?
P.E :
Pour retrouver une bibliothèque pareille, il faudrait que tout le
monde s’y mette, les élèves eux-mêmes, les parents, les anciens, les
organisations qui soutiennent les jeunes, les ONG. Je pense qu’on peut
garnir la bibliothèque, on peut mettre ces documents à la disposition
de la jeunesse qui est assoiffée de connaissance. Mais il faudrait se
rendre à l’évidence qu’on ne pourra pas trouver le fond documentaire
rare.
RAFIGUI :
Avez-vous un message à donner aux élèves, aux autorités, aux rebelles
de manière générale à tous les tchadiens.
P.E :
C’est une situation à répétition que nous vivons chaque fois. Mais la
destruction que nous connaissons est matérielle et humaine. La
bibliothèque qui est détruite est un puit où on vient puiser la
connaissance. Et si on continue à perdre ces choses, nous ne pourrons
pas avancer. On dit souvent que la jeunesse est fer de lance de la
nation. Fer de lance par rapport à quoi ? Quand on détruit les centres
de documentation. Chacun doit se regarder à l’intérieur de soi, voir
sa part de responsabilité avant de regarder l’autre. On doit discuter
franchement et arriver à une situation de paix. Tant que nous n’avons
pas cette paix, nous continuerons à perdre des vies humaines, du
matériel et cela ne nous fera que reculer. Cela ne nous donnera pas à
décoller comme les autres pays. Pour le Lycée du Sacré-Cœur, nous
avons reculer d’un pas mais si on se soude les coudes, on peut faire
un bond à deux pas.
Fangbo Bruno
Commentez cet article !
Envoyez
LE SITE À UN AMI |