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LA COULEUR DE MON AMOUR
1. Résumé
Rakis, étudiant africain en Europe est fiancé à Dandé, étudiante
africaine, qui plus est, du même village que lui. Angélique,
étudiant française est amoureuse de Rakis, qu’elle ne laisse
d’ailleurs pas indifférent. Mais Rakis qui est sur le point de finir
ses études et rentrer dans son pays natal ou ses parents, qui
connaissent ceux de Dandé, attendent avec impatience d’unir les deux
fiancés, n’entend pas décevoir ses parents en rompant ses liens
d’avec Dandé. Rakis écoutera-t-il l’appel du cœur qui le pousse vers
Angèle ou, plutôt, la «raison» qui le lie à Dandé? En tout cas,
Angèle qui ne comprend pas qu’à l’ère où le monde est devenu un
village planétaire racisme, tribalisme et volonté parentale se
mêlent encore d’un choix que le cœur seul est sensé opérer, souffre
et dépérit de jour en jour, au grand scandale de ses parents et de
Bruno, jeune et talentueux acteur vedette de cinéma, qui est
ostensiblement mais désespérément amoureux d’elle. Un évènement
inattendu obligera Rakis à choisir définitivement son camp. Lequel ?
Est-ce le meilleur ? Seule une lecture de ce dilemme sentimental
peut fournir la réponse a ces questions.
2. Présentation
Amour versus race, mariage versus traditions tels sont les duels
auxquels nous convie ce Cid de l’ère post-moderne. L’action se
déroule en Europe où Rakis, jeune étudiant africain est pris dans un
labyrinthe sentimental et ne sais plus où donner du cœur. Entre
Dandé l’Africaine, le choix de laquelle recevra sans conteste
l’agreement de ses parents, et Angèle, la blanche qu’aime aussi le
jeune, beau, riche, célèbre et orgueilleux Bruno, Rakis
arrivera-t-il à choisir ? Les mots sont simples et l’émotion
s’exprime avec une innocence, une franchise déconcertante. Ceux qui
ont lu Corneille, Shakespeare, Flaubert, Beaumarchais… ne doivent
pas manquer cette mise a jour condensée de ces classiques : Car
l’amour se prend encore les pieds dans les classes sociales avec la
seule différence que ces classes sociales que la Révolution a forcé
à s’écrouler renaissent de leurs cendres et se font désormais
appeler ‘races’.
3. Extrait court
RAKIS
( Il hoche la tête ) Je ne sais pas. Mais il y a un autre problème
que, pour des raisons d’amour-propre et d’orgueil national, je n’ai
pas voulu évoquer avec toi : L’Afrique où j’irais vivre et
travailler après mes études est un continent misérable. Les voies de
communication sont quasi-inexistantes, les hôpitaux se comptent sur
les doigts d’une seule main, le climat est austère, les épidémies y
sont légion : choléra, méningite, tuberculose, SIDA, ébola, et les
autres maladies innommables et innommées mais qui tuent des milliers
de personnes chaque année. Crois-tu que je vais t’arracher à cet
éden qu’est l’Europe pour t’amener vivre dans une pareille galère ?
ANGELE
( Posément ) Tu comptes bien y vivre toi, dans cette galère, non ?
Je te suivrais partout, même en enfer, ( tendre ) pourvu que tu
m’aimes et que tu sois à mes côtés. Nous transformerons cette
géhenne en paradis.
4. Extrait long
RAKIS
Angèle, je te dis franchement que je ne peux pas résilier mes
fiançailles d’avec Dandé.
ANGELE
Pourquoi ? Tu ne l’aimes pourtant pas.
RAKIS
Je ne sais pas. Mais ce n’est pas une question d’amour.
ANGELE
Moi, je t’aime. Et je pense que tu n’es pas indifférent à
mon…sentiment.
RAKIS
Je le sais. Très peu d’hommes peuvent résister à une beauté
pareille. Il faudrait être un eunuque. Ces yeux tels un ciel sans
nuage, un ciel de beau temps, qui hypnotisent tous ceux qu’ils
regardent. Ce nez grec, ces pommettes si timides qu’elles se
creusent quand tu ris. Ces dents diamantines, ces…
ANGELE
Arrête ! Arrête ! Arrête tes baratins puisque tu ne veux pas de moi.
Ça va décupler mon chagrin. Je suis déjà assez malheureuse comme ça.
RAKIS
( Il la regarde en face et parle d’une voix douce ) Angèle, si cela
ne tenait qu’à moi, je n’hésiterais pas un seul instant à te prendre
comme femme.
ANGELE
C’est toi qui te maries, et tu as le droit de choisir avec qui.
RAKIS
C’est là une conception occidentale de la chose. En Afrique on ne se
marie pas avec qui on veut mais plutôt avec celle que les parents
ont choisie.
ANGELE
Tes parents ne t’ont pas imposé Dandé. D’ailleurs, ils ne la
connaissent même pas puisqu’elle est née et a grandi ici en Europe.
RAKIS
Je sais. Mais je peux réussir à les convaincre de l’accepter comme
bru puisqu’elle est noire et, qui plus est, ses parents sont du même
village que les miens.
ANGELE
( Réellement choquée ) Le racisme ! Vous nous accusez, nous les
blancs, d’être racistes alors que vous l’êtes plus que nous. Refuser
d’épouser une femme parce qu’elle n’a pas la même peau que toi, cela
relève autant du racisme que de la barbarie.
RAKIS
( Fermement ) Ce n’est pas du racisme. C’est l’instinct grégaire.
Les cultures sont comme les êtres humains. Elles sont soucieuses de
leur pureté et surtout de leur survie. N’oublie pas que par
intrusion d’autres cultures, une culture se désagrège petit à petit
comme un bateau que d’autres viennent heurter qui finit par couler
de suite des nombreux trous laissés dans sa coque par ces collisions
répétées.
ANGELE
Bonne philosophie. Dommage qu’elle ne soit pas de notre époque.
C’est une philosophie médiévale.
RAKIS
( Ironique ) Justement, puisque vous dites que nous sommes entrain,
nous les noirs, de vivre notre moyen-âge.
ANGELE
Les notions de race et d'ethnie n’ont plus droit de cité. Le monde
est devenu un village planétaire et dire que je ne suis pas du même
village que toi fait de moi une extraterrestre.
RAKIS
La mondialisation n’a pas encore décrété la mort des coutumes. Elle
ne signifie pas un laisser-aller culturel qui débouchera sur une
corruption des mœurs et des vertus.
ANGELE
Tu appelles corruption des mœurs et des vertus le fait d’épouser une
femme qui n’a pas la même peau que toi ? Qu’est ce qui prouve que
cette Dandé est plus vertueuse que moi ? La vertu tient de
l’éducation et non de l’appartenance à une race, fut-elle la plus
vertueuse. (Douce ) Je pourrais apprendre à vivre comme une vraie
femme africaine. Il y a bien des Africains qui parlent et écrivent
le français du moins aussi bien, sinon mieux que les Français
eux-même, n’est-ce pas ?
RAKIS
( Il hoche la tête ) Je ne sais pas. Mais il y a un autre problème
que, pour des raisons d’amour-propre et d’orgueil national, je n’ai
pas voulu évoquer avec toi : L’Afrique où j’irais vivre et
travailler après mes études est un continent misérable. Les voies de
communication sont quasi-inexistantes, les hôpitaux se comptent sur
les doigts d’une seule main, le climat est austère, les épidémies y
sont légion : choléra, méningite, tuberculose, SIDA, ébola, et les
autres maladies innommables et innommées mais qui tuent des milliers
de personnes chaque année. Crois-tu que je vais t’arracher à cet
éden qu’est l’Europe pour t’amener vivre dans une pareille galère ?
ANGELE
( Posément ) Tu comptes bien y vivre toi, dans cette galère, non ?
Je te suivrais partout, même en enfer, ( tendre ) pourvu que tu
m’aimes et que tu sois à mes côtés. Nous transformerons cette
géhenne en paradis. Cette galère sera le nid de notre amour.
Nadjita F. Ngarhodjim
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