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(Paru dans le RAFTGUI Presse jeunes N°20)

ORDURE : DES DECHETS UTILES

Les rues de N’djamena sont sales. Les caniveaux sont transformés en dépotoirs. Les lieux de collecte des ordures sont pleins à craquer. On attend la benne de la mairie. Et, si on recyclait nos ordures.

800  tonnes de plastiques, 300 tonnes de papiers sont rejetés par nos ménages et les bureaux chaque année selon les chiffres donnés par le Centre d’Étude et de Recherche pour la Valorisation des Déchets ( CERVALD ). Ces ordures qu’on entasse dans les rues et les caniveaux, non seulement nous empêchent de circuler mais sont les causes de nombreuses maladies. «  Les fumées dégagées lors des combustions de ces ordures sont toxiques, susceptibles de développer des cancers et peuvent provoquer des vomissements » affirme ABAKAR BICHARA OUMAR le directeur technique de CERVALD.

Recyclage des déchets.
les déchets comme les plastiques ( lédas ) et les papiers sont faciles à recycler et peuvent présenter un grand intérêt. Les lédas fondus mélangés à du sable fin permettent la fabrication des pavés,  des dalles pour les latrines, des ardoises pour les écoliers et des tuiles pour les maisons. Les papiers sont transformés en bûchette utilisée comme des combustibles, une bûchette bien fabriquée peut se consumer en une heure à une température de plus de 60°c .

Comment sont fabriquées les bûchettes?
La fabrication d’une bûchette commence par le tri des papiers et des cartons pour éviter la présence de certains substances chimiques dans le matériel. Les papiers sont alors déchiquetés en petit  morceau pour être trempé dans l’eau.

Pour empêcher la fermentation dû à la présence des bactéries, quelques goûtes d’eau de javel y sont ajoutées. Le tout est mélangé à de la poudre de l'acacia niloctica ( garatte en arabe ) pour donner une odeur agréable aux bûchettes. Puis viennent la macération et l'essorage pour mélanger et enlever l’eau. La pâte obtenue est mise dans des moules et compactée. En fin les bûchettes sont  mis au séchage pendant deux à 3 jours, et les voilà prêtes pour chauffer nos marmites.

FANBO BRUNO

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Mogo Pisan !
(Paru dans le RAFTGUI Presse jeunes N°18)

Si tu me kiffes, piges ceci : 22 décembre 2 double 05 vers 22 heures, deux whites du Canada (une meuf et un mec) sont descendus à N’djam, histoire de se brasser avec les jeunes rafiguiens et en même temps filer une formation sur le logiciel libre.

 T’assure ! C’était hyper-cool car tout le monde s’est donné à fond et la formation ça  a réussi. Aussi, aujourd’hui les rafiguiens sont trop « chebran », trop accro et trop génie en matière de nouveaux logiciels libres pas trop connus encore par beaucoup de jeunes tchadoque. Avec ça, ils peuvent t’enjailler à travers un journal  bien coloré.

Tu te demandes avec quelle caillasse ce méga jumelage s’est organisé. C’est « silfa », si tu veux piger, le groupe a cotisé pour l’accueille. Tiens malgré la dèche, Fest’Africa avec son ambiance, les rafiguiens ont damé, ils ont serré ceinture afin de donner leur code part. Maintenant c’est chose faite, c’était un succès ; Wojciech et Emmanuèle ont su être à la hauteur de leur work. Pour t’en convaincre t’as qu’a me poser une question sur le logiciel libre et je déballe tout. Déjà sache qu’on a bossé sur les logiciels suivants : Open Office Writer, Open Office Draw, Scribus,Gimp et Inscape Avec presque rien on a soulevé des montagnes et voila les résultats. Qu’attends tu pour kiffer l’informatique comme les rafiguiens ?
Bye bye Emanuèle et Wojciech.
On s’attrape !

Boy Lover Boss et Sandra Dénéyam

 les filles et L’école à Kélo
(Paru dans le RAFTGUI Presse jeunes N°16 d'Août/Sept 2004)

Kélo, grand carrefour économique du  Sud et  chef lieu du département de la Tandjilé Ouest, n’est pas épargné par le problème de la scolarisation des filles. D’une manière générale, le problème est dû aux facteurs socioculturels et économiques contre les quels luttent les autorités de villages environnants.

Comme dans l’ensemble du pays la scolarisation des filles reste difficile à appréhender la Tandjilé. Dans les 15 écoles contrôlées par l’inspection de l’enseignement de base de Kélo, le pourcentage des filles décroît au fur et à mesure que le niveau augmente. Ainsi, sur les 380 filles inscrites en classe de CP1, seulement 260 filles soit 43,84% des nombres des élèves  arrivent à terminer leur primaire. Les raisons de la baisse de l’effectif des filles sont multiples. On trouve en autre les facteurs socioculturels, relatifs aux traditions, aux coutumes. Des lors que la fille atteint l’age de mariage, elle est retirée de l’école pour le domicile conjugal. Il y en en outre les facteurs socio-économiques liés à la pauvreté des parents qui préfèrent voir les filles s’occuper du commerce. Dans tous les cas, les parents croient qu’une fille est faite pour le mariage.

Des raisons particulières
Ces raisons sont liées à la localité et aux mentalités. À l’école, les enseignants sont  à l’origine des départs des filles et surtout celles qui sont en grossesse. Elles ne supportent pas les injures proférées à leur endroit par les maîtresses d’une part et le harcèlement sexuel qu’exercent les instituteurs sur elles d’autre part. À ceci s’ajoute l’éloignement des écoles par rapport à certaines localités. C’est le cas de Dono, village situé à 20 km de Kélo ou se trouve le lycée le plus proche. Il y a également le phénomène de kidnapping des filles qui est inquiétant. En effet, à la sortie des classes, les soirs, les filles sont kidnappées par des individus se réclament être de la famille de sa belle-famille. « Cet acte est généralement posé avec la complicité des parents qui ne se plaignent pas » affirme l’inspecteur de l’enseignement de base de Kélo.

Implication des chefs de village
Dans la majorité des villages environnant de Kélo, la prise de conscience est générale. Les parents aidés par les chefs des villages mettent sur pied des associations de parents d’élèves (APE) qui collectent des fonds pour la construction de salles de classe et pour le paiement des maîtres communautaires. Les élèves, en majorité constituées des filles, ne reçoivent pas d’autre soutien à part celui des parents si bien quelles sont pour la plupart en mauvais états. Un exemple concret est celui de Dian, un village situé à 8 km de Kélo sur la route de Pala. L’école de ce village a été créée par les villageois avec laide des ressortissants vivant à N’Djamena. Ils ont pu construire une salle de classe dont le toit a été emporté par le vent. Les autres salles de classe, au nombre de trois, sont construites en seko. Celles-ci ont été détruites. Tout ce que caractérise cette école s’est le drapeau bleu, or, rouge qui flotte sur un bois de neem dans la cour. L’école est dirigée par trois maîtres communautaires et un directeur. Les classe de CPI et CPII, CMI  et CMII  sont regroupées. L’APE n’arrive pas a verser le salaire des enseignants qui est à 8000 FCA (environ 20$ can) par mois. Selon Bello, le Président de L’APE de l’école de Dian, les parents ne payent pas les 250 f par mois pour la scolarité d’un enfant à cause mauvaises récoltes. Avec son équipe, Bello fait de porte à porte pour prendre l’argent avec les parents ou saisir leurs biens. Ceci se passe grâce à l’accord des chefs de villages. Elles ont prit conscience. Avec la sensibilisation menée par les chefs de village, les filles ont pris conscience de leur situation de l’école. Parmi elles, Zoumbaraou et sa petite sœur Salomene âgées respectivement de 13 et 10 ans. Elles habitent dans le village de Bereou Yo à 25 km de Kélo. Dans ce village, presque tous les enfants sont inscrits à l’école. Lorsqu’elles étaient à Louagui Baou, leur village paternel, elles allaient à l’école mais il n’y avait personne pour s’occuper d’elles. C’est ainsi qu’elles sont arrivées en pleine année scolaire à Bereou chez leur tante. Zoumbaraou laisse entendre qu’il n’y a personne pour les inscrire à l’école. Même si les filles ont prit conscience de leur situation, rares sont celles qui arrivent jusqu'au lycée et celles qui continuent par aller à l’école étant mariées se comptent sur le bout des doigts. Djibergui Hélène est âgée de 20 ans, et est mariée à Olgué Abel. Ils sont tous les deux originaires de Bereou Yo. Elle et son mari sont venus habiter Kélo.  Ils fréquentent le lycée de Kélo en classe de 2nde. Hélène est encouragée par son mari et compte aller au delà du bac. « Je vais à l’école pour chercher mon avenir » confie-t-elle. L’absence de formation adéquate pour les enseignants et maîtres communautaires, l’absence de manuels scolaires et les conditions dans lesquelles les filles étudient expliquent le niveau d’expression qui est très bas chez les filles des villages.

Fangbo Bruno

La Prostitution à N’Djamena
(Reportage Paru dans le RAFTGUI Presse jeunes N°12 de Février - Mars 2002)

Du sexe contre de l’agent ou autres avantages, la prostitution n’est pas un phénomène nouveau, mais par ce temps qui court à l’envers, cette pratique devient non seulement avilissante mais aussi et surtout dangereuse. À N’Djamena elle prend une ampleur de plus en plus inquiétante et se manifeste de diverses manières suivant les endroits. Aux Quartiers Harlem et Abena par exemple, les prostituées ont parfois moins de 16 ans.

Visite guidée...
Peau dépigmentée, cheveux multicolores et rondeurs en relief, les « go » que vous voyez là-bas sur l’avenue Bokassa sont des filles de joie. Elles se livrent aux rapports sexuels pour gagner de l’argent. C’est leur métier Dans les quartiers populaires comme Chagoua, Moursal, Kabalaye, Ardep-Djoumal et Ambassatna, des belles demoiselles vivent en bande de cinq à six par chambre. Habillées souvent de manière à faire pisser un prêtre elles se rendent dans les bars, night-clubs et autres lieux chauds pour vendre leur « article ». Douées pour la « provoc », elles ne ratent presque jamais leurs cibles. Une prostituée peut même gagner en moyenne trois clients par jour.
Au quartier Dembé, un groupe de femmes embauchent un « chomoroka » (un jeune homme femmelette) pour chercher des hommes à trique solide. Après une bonne pêche, le jeune homme est aussi bien payé. C’est ainsi qu’il gagne son pain.
À Moursal, des jeunes filles en situations difficiles sont hébergées gratuitement par un genre de tantines très gentilles. Elles sont logées, nourries et bien vêtues. C’est bien généreux. Mais en contre partie, ces demoiselles sont louées comme des juments à des cavaliers en quête de loisir. Ces soi-disant tantines transforment leurs domiciles en maisons de passe pour s’enrichir : le proxénétisme, c’est leur source de revenus.
Au centre ville, on trouve de vraies « Jagua nana » (Prostituées de haut niveau). Étrangères ou tchadiennes déguisées, celles-ci opèrent essentiellement dans les grands hôtels comme
Novotel
la Tchadienne, le Chari, le Palmerais, etc. où sont logés les touristes occidentaux pour la plupart.
Pour éviter quant à elles les répressions dans leurs quartiers, des filles musulmanes quittent la rue de 40m pour faire la bamboula dans les quartiers populaires. Sorties de chez leurs parents en voile, elles se trouvent en vêtements sexy  dans les boites de nuit où elles ne sont pas aussi sages qu’à la maison.
Dans les établissements scolaires, à défaut d’aptitude intellectuelle, certaines gonzesses font de leur charme un atout efficace pour gagner de notes.  C’est ce que les étudiants appellent NST (Notes Sexuellement Transmissible). Et cela paye plutôt bien. À la fin de l’année, ces cocotes se trouvent souvent avec de beaux bulletins et parfois un colis vivant au ventre. Les conséquences sont parfois dramatiques.

La part des hommes
Quoi qu’imputée généralement aux femmes, la prostitution n’est pas que féminine. À N’Djamena, on trouve aussi de beaux qui prêtent leur visité à des grandes dames contre de l’argent. Et tout le monde sait que s’il a des prostituées, c’est parce qu’il y a des clients. Les meilleurs clients sont d’ailleurs parmi des responsables et pères de familles bien respectés et respectables. Le jour et lors des conférences, ces derniers sont les plus éloquents à fustiger les putes les traitants de tous les noms. Mais la nuit, tous les chats sont gris.

Nécessité ou simple folie?
Pauvre, manque d’emploi, mariage raté, ou problèmes avec les parents… telles les causes déclarées de la prostitution. Cependant, on remarque que nombre de filles deviennent chasseuses de primes par leurs soifs insatiables pour les bien matériels. Elles veulent toujours à la mode pour égaler Venus (la déesse de beauté). Et pour s’octroyer les fringues top models, elles s’offrent à tout appétit sexuel lucratif. Ainsi, à mesure que les besoins se créer, la prostitution prend corps chez nos sœurs. Et plus elles se prostitue, plus la jeune fille efface en elle ce qu’elle a de plus sacré et humain : sa vie et son honneur. Elle devient alors un vulgaire objet de plaisir, une simple gargoulette où n’importe qui peut venir puiser sa part de rafraîchissent.

L’atterrissage forcé
Aller s’éclater au boom, voler au septième ciel toutes les nuits, quel délice ! C’est la belle vie. On oublie la galère et la vie parait facile. Mais au bout de ces ébats se trouvent souvent de grandes désolations. La prostitution expose notre génération à des maladies dont les conséquences ne sont plus ignorées. « Rien qu’en pesant à ma cousine que j’ai vu mourir du SIDA, je frissonne et je crains d’avoir des cauchemars la nuit » déclare Madjé avant que deux grosses larmes ne viennent hachurer violement ses belles joues.

Une minute de silence s’il vous plait. C’est l’heure de penser à tous les êtres chers qui nous ont quitté victimes de cette tragédie. Que leurs âmes reposent en paix. Et si leur cas devait nous servir d’AVERTISSEMENT

 Par MINI-MINI Médard

 Et dit tôt !

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