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Sports

Clin d'Oeil

SYLVIE, LA FIERTE DU KARATE TCHADIEN
Sourire mignon, sous un regard droit et aguichant, allure féline, démarche sportive, Djibia Madji Sylvie est jeune tchadienne qui fait des percées spectaculaires et impressionnantes en arts martiaux.
Née en 1987, elle fait ses débuts en karaté très tôt. A l’âge de 7 ans déjà la petite go entre dans le domaine au conoco actuel centre des jeunes Don Bosco. Elle apprend tout d’abord le Ying-yang. Lors des entraînements, les spectateurs ont toujours accompagné les actions de Sylvie par des tonnerres d’applaudissement. La toute petite karatéka apprend par la suite d’autres disciplines des arts martiaux: le taekwondo et le haikido. Le 13 janvier 1999, lors d’une compétition nationale d’arts martiaux, Sylvie décroche avec brio une médaille en or. Cette prouesse sportive récompensée encourage davantage la jeune karatéka qui se détermine à faire plus.
C’est ainsi que du 03 au 09 septembre 2006, elle s’envole à Brazzaville pour représenter le Tchad à la première édition des jeux de la zone 4 de l’ACNOA. De ces jeux, elle rentre avec une médaille en argent dans la discipline Taekwondo.
Elève en classe de terminale C, de ceinture noire première dan, Sylvie est issue d’un couple karatéka.

Darma Sylvain

LE SPORT DES PIEDS.

Étymologiquement, le Tae-Kwon-Do est composé de trois mots: Tae veut dire "Coup de pied", Kwon "coup de poings" et Do signifie "la voie de la sagesse"

C’est n sport très physique. Il fait travailler beaucoup les pieds. Le Tae-Kwon-Do est très pratiqué par les jeunes.Est à l’origine de ce sport un général Coréen. Depuis 1955 Taekwondo s’est détaché du karaté shotokan japonais qui utilise plus les mains. Pour le créateur, le Militaire dont les mains sont déjà occupées par les armes peut utiliser d’autres membres pour se défendre au besoin.

Au Tchad, ce sport se défend tant bien que mal. Pour preuve aux dernier jeux de l’ACNOA ( Association  des Comités Nationaux Olympique d’Afrique )les jeunes Taekwondoka ont remporté cinq médailles dont une en or, deux en argent et deux autre en bronze. Les cris que poussent les Taekwondoka lors des entraînements s’appellent Kiap ou cris de sagesse. c’est un art compétitif, éducatif et défensif dont la tenue est appelée Dobok. Pour les jeunes pratiquant du Tchad, il manque de salle d'entraînement, les matériels et les compétitions. Mais ont fait avec les moyens de bord à l’image du  club Taekwondo Victoire Club (TVC) d’où sont sorties plusieurs des derniers jeux de l’OCNOA.

Un combat de taekwondo est un festival de coup de pieds qui fait le bonheur de la santé.

Y.  DENIS & W. AGUIDI
 

 

Kaltouma Nadjina de A à Z


Kaltouma Nadjina est l’une des sportives tchadiennes dont le Tchad se souviendra longtemps. A 26 ans, elle est la plus couronnée de toute l’histoire du sport tchadien. Loin de dormir sur ses lauriers, la gazelle nationale continue par travailler dur pour améliorer son niveau dans l’espoir de porter plus haut les couleurs du Tchad, son pays. Elle s’exprime ici de A à Z

A comme Athlétisme
« Athlète tchadienne, je fais essentiellement les 200 et 400m ce dernier temps. Championne africaine et francophone de 200 et 400m en 2001. Je détiens aussi le record tchadien de 800m et le record canadien en salle aux 300m ». 

B comme la Bourse
« C’est vrai que je me suis sérieusement battue pour arriver ce niveau, mais c’est grâce à une bourse du Comité International Olympique que j’ai pu quitter le Tchad . Nous étions trois tchadiens à savoir Doussi Ngardjebel et Abdoulaye Brahim à bénéficier de cette bourse accordée aux pays sous développés. Malheureusement, Doussi a eu un accident . Il a fait trois mois au coma. Il ne peut plus courir maintenant. Abdoulaye quant à lui, je n’ai pas de ses nouvelles depuis deux ans ». 

C comme Calgary
« Ville anglophone du Canada, Calgary est celle où je réside. Il y fait très froid. La température peut descendre jusqu’à - 45 degré .Et cela, pendant les six mois d’hiver. En cette période du grand froid, je m’entraîne alors en salle sous la surveillance du John Cannon, mon entraîneur, c’est capverdien ».  

D comme mes Débuts
« J’ai commencé l’athlétisme l ‘école avec l’éducation physique sportive(EPS). En 1993, je suis allée la semaine nationale sportive à Moundou où je suis passée championne en 400m. Deux mois après, j’étais sélectionnée pour le championnat du monde au Portugal. C’est surtout en 1994 que je me suis spécifiquement orientée vers l’athlétisme. Au début, je jouais au handball »

E comme Études
« J’ai mon bac A4 tchadien. Quand j’étais au États Unis, j’étudiais à Lagrange College, mais Arrivée ici j’avais de difficultés d’entrer à l’école parce que quand tu es étranger ce n’est facile au Canada. J’ai chômé pendant deux ans. Présentement, je suis des cours par correspondance en bisness et humanisme, parce que je ne peux pas aller à l’école. Je prépare sérieusement les jeux olympiques. Je m’entraîne deux fois par jour».

F comme ma Famille
« Ma famille me soutien beaucoup. Je suis née le 7 novembre 1977 dans une famille modeste. Mon père est un douanier polygame. Comme au Tchad, la vie est difficile pour un homme qui a deux familles, et comme les douaniers ne sont pas bien payés chez nous, ma mère a beaucoup souffert avec nous quand on était enfant. Je crois que c’est une chance que Dieu m’a donné pour aider ma famille qui m’a tout donné.»

G comme Gazelle
« C’est le surnom que m’ont donné mes camarades de classe quand j’étais au Collège Évangélique. Au départ, c’était une forme d’ironie de certains taquins qui m’attribuaient l’EPS comme matière de base. Aujourd’hui, on m’appelle de ce nom par affection. Et comme pour me rebaptiser de ce nom, mes parents m’ont offert une petite gazelle vivante. Elle est en ce moment à Novotel la Tchadienne à N’djamena. Je lui rends visite chaque fois que je suis en vacance au pays. Je l’aime beaucoup »

H comme mes Hobbies
« Je n’ai pas beaucoup de passe temps. Je regarde la télé, J’écoute la musique, je me balade, je fais du shopping. Mais l’athlétisme étant ma passion, c’est aussi le meilleur passe temps pour moi »

I comme mes Intimités
« Comme toute jeune fille, j’ai un cœur mais je ne peux vous dire si j’ai un copain ou non. C’est une question que je touche pas trop parce qu’on ne sais jamais…(rire) »

 J comme la J.E.C.
« J’étais membre de la JEC (Jeunesse Étudiante Chrétienne) et je garde un très bon souvenir de ce mouvement. Il m’a permis de découvrir Dieu et vaincre ma timidité. Grâce à la prière des jécistes, leurs conseils je me sens aimée de Dieu. Je pense particulièrement au père l’aumônier, François Degastine qui m’a toujours dit de ne pas oublier Dieu dans ce que je fait »

K comme Kaltouma
« C’est le nom d’une femme soudanaise très amie a ma mère qu’elle m’a donné. A ma naissance à Bol, mes parents font le « oussoum »(le baptême) à la manière musulmane. C’est alors l’amie de ma mère m’a prêter son nom. Il semble que cela signifie « fille spéciale ». La Soudanaise est devenue maintenant Tchadienne ».

L comme Langues parlée
« Je parle le français et l’anglais, en plus du Sara, le Gor, le Bedjondd et l’arabe tchadien je comprends aussi un peu le portugais et l’italien »

M comme Médailles
« Durant ma carrière de 1993 en 2003, j’ai gagné 5 médailles internationales dont trois en or et 2 en argent, 45 médailles canadiennes dont 40 en or, et quelques médailles en d’argent et de bronze. Bref, j’ai une centaine des médailles. Au Tchad, j’ai eu que de titres de championne et de records. Il n’y a pas des médailles ».

N comme Nadjina
« C’est nom de famille. Plus exactement le nom de mon père  ». C’est diminutif du nom, Nadjilenan »

O comme mes Objectifs
« Mon premier objectif est de gagner la médaille olympique parce que la médaille olympique est plus relevée que la médaille du monde. Après mon diplôme aux cours que je suis, je compte travailler au PNUD parce que j’aime bien aider les pauvres. Je voudrais m’investir dans la lutte contre le SIDA, la pauvreté ».

P comme mon Parcours
« J’ai commencé l’athlétisme au collège évangélique de N’Djamena. En 1993, je suis allée en Allemagne, 1994 au Portugal pour le championnat du monde. En 1995, je suis allée à Harare au Zimbabwe, j’étais la seule fille tchadienne à parvenir en finale en 600m. En février 1997, j’ai quitté le Tchad pour les États Unis avec ma bourse jusqu’en 1999. J’étais allée aux jeux olympiques mais je n’ai participé qu’aux 200m parce que mon entraîneur a estimé que j’étais trop petite pour faire les 400m avec des grandes. Puis me voici au Canada. »

Q comme Questions que je me pose
« Je pose souvent la question de savoir qu’est ce qui allait se passer si je n’avais pas ma famille et la population tchadienne à mes coté.Au centre où je suis en ce moment nous étions 25 athlètes boursières au début. Aujourd’hui je me trouve être la seule à bénéficier encore de la bourse. Je me demande souvent les raisons profondes de cette chance particulière».

 R comme mes Records
« Mes records sont aussi ceux du Tchad dans la plupart de domaines : ils sont entre autres de 22’’73 en 200m, 50’’38 aux 400m, 2’10 aux 800m. Je détiens aussi le record canadien des 300m en salle avec un temps de 37,04 »

S comme Souvenir (mon meilleur souvenir)
« Il était 1 heure du matin quand je suis descendue de l’avion. Mon téléphone a sonné, j’ai décroché. C’était… le Président de la République au bout du fils. Émue, j’ai versé de larmes. C’était le jour de mon retour au pays avec les médailles des jeux de la Francophonie. Le meilleur souvenirs que je garderai à jamais au cœur est cet accueil magnifique m’ont accordé les tchadien en commençant par le chef de l’État. C’est trop d’honneur pour moi et je n’oublierai jamais ce jours».

T comme Tchadienne
« J’étais sollicitée par la fédération canadienne à changer ma nationalité pour représenter le Canada aux jeux olympique. En discutant avec certains de mes amis, tout le monde m’a conseillé d’accepter la proposition mais ma mère me l’a déconseillé. J’ai préféré écouté cette voix parce que je crois que le Tchad a aussi le droit d’avoir des références. Changer ma nationalité serai lui refusé cette chance parce que aujourd’hui, grâce à moi, beaucoup de personnes qui ne connaissaient le Tchad, le découvrent. Si j’avais changé la nationalité, je ne serai pas accueillie de la manière que vous connaissez. Je serais peut être reçu comme une Kaltouma Canadienne. Ce serait triste. Je suis tchadienne.».

U comme Unité
« Mon grands souhait pour le Tchad, c’est l’unité. Par mon qui met ensemble le Nord et le Sud, par mon accueil dans la coutume musulmane à naissance et mon appartenance la religion chrétienne, je voudrais être le symbole d’un Tchad pluriel mais uni ».

V comme Villes visités.
« En plus de ma ville natale et celle où je vis, j’ai visité pas mois d’une centaine de ville. Au Tchad, en Afrique et dans le monde . J’ai visité entre autres, Moundou, Sarh, N’Djamena,…Yaoundé Abidjan, Dakar, Alger, Tunis, Harare, Johannesburg,…Paris, Bruxelles, un nombre important de villes Américaines et canadiennes . J’ai aussi fait l’Asie . Bref, beaucoup de ville. Mais de toute ces visitées, je suis particulièrement marqué par Athènes (Grèce) ».

W comme mon Week-end
« Mon week-end n’a qu’un seul jour : le dimanche. Je m’entraîne de lundi à samedi. » Il n’y a que le dimanche où, après l’église je peux me permettre de prendre un peu d’air différent »

X comme Xénophile
« J’aime de tout cœur mon pays mais je suis aussi ouverte à la culture de autres. Dans le centre où je m’entraîne, nous sommes de jeunes venus de pays très lointains mais nous entendons comme des frères et sœurs d’une même famille. pour être riche, il faut accepter l’étranger »

Y comme Yaweh( Dieu)
« Je ne suis rien et je ne serai encore grandement rien si Dieu ne m’accordait pas sa grâce. Je me lève et je m’endors en me confiant à lui. Tous mes résultats sont des cadeaux qu’il a accepté de faire. Je conseille à tous les jeunes qui ont des rêves de croire en Dieu et leurs rêves se réaliseront ».

Z comme Zénith
« Comme un soleil qui monte, je ne crois pas avoir déjà atteint le zénith pour commencer par descendre. Il me reste encore ¾ de distance à parcourir. En terme d’effort pour monter plus haut, soyez rassurés, ce n’est pas pour bientôt mon point finale ».

Propos recueillis par Mini Mini Médard

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