|
Kaltouma Nadjina de A à Z

Kaltouma Nadjina est l’une des sportives tchadiennes dont le Tchad se
souviendra longtemps. A 26 ans, elle est la plus couronnée de toute
l’histoire du sport tchadien. Loin de dormir sur ses lauriers, la
gazelle nationale continue par travailler dur pour améliorer son
niveau dans l’espoir de porter plus haut les couleurs du Tchad, son
pays. Elle s’exprime ici de A à Z
A comme Athlétisme
«
Athlète tchadienne, je fais essentiellement les 200 et 400m ce dernier
temps. Championne africaine et francophone de 200 et 400m en 2001. Je
détiens aussi le record tchadien de 800m et le record canadien en
salle aux 300m ».
B comme la Bourse
« C’est vrai que je me suis sérieusement battue pour arriver ce
niveau, mais c’est grâce à une bourse du Comité International
Olympique que j’ai pu quitter le Tchad . Nous étions trois tchadiens à
savoir Doussi Ngardjebel et Abdoulaye Brahim à bénéficier de cette
bourse accordée aux pays sous développés. Malheureusement, Doussi a eu
un accident . Il a fait trois mois au coma. Il ne peut plus courir
maintenant. Abdoulaye quant à lui, je n’ai pas de ses nouvelles depuis
deux ans ».
C comme Calgary
« Ville anglophone du Canada, Calgary est celle où je réside. Il y
fait très froid. La température peut descendre jusqu’à - 45 degré .Et
cela, pendant les six mois d’hiver. En cette période du grand froid,
je m’entraîne alors en salle sous la surveillance du John Cannon, mon
entraîneur, c’est capverdien ».
D
comme mes Débuts
« J’ai commencé l’athlétisme l ‘école avec l’éducation physique
sportive(EPS). En 1993, je suis allée la semaine nationale sportive à
Moundou où je suis passée championne en 400m. Deux mois après, j’étais
sélectionnée pour le championnat du monde au Portugal. C’est surtout
en 1994 que je me suis spécifiquement orientée vers l’athlétisme. Au
début, je jouais au handball »
E comme Études
« J’ai mon bac A4 tchadien. Quand j’étais au États Unis,
j’étudiais à Lagrange College, mais Arrivée ici j’avais de difficultés
d’entrer à l’école parce que quand tu es étranger ce n’est facile au
Canada. J’ai chômé pendant deux ans. Présentement, je suis des cours
par correspondance en bisness et humanisme, parce que je ne peux pas
aller à l’école. Je prépare sérieusement les jeux olympiques. Je
m’entraîne deux fois par jour».
F comme ma Famille
« Ma famille me soutien beaucoup. Je suis née le 7 novembre 1977
dans une famille modeste. Mon père est un douanier polygame. Comme au
Tchad, la vie est difficile pour un homme qui a deux familles, et
comme les douaniers ne sont pas bien payés chez nous, ma mère a
beaucoup souffert avec nous quand on était enfant. Je crois que c’est
une chance que Dieu m’a donné pour aider ma famille qui m’a tout
donné.»
G comme Gazelle
« C’est le surnom que m’ont donné mes camarades de classe quand
j’étais au Collège Évangélique. Au départ, c’était une forme d’ironie
de certains taquins qui m’attribuaient l’EPS comme matière de base.
Aujourd’hui, on m’appelle de ce nom par affection. Et comme pour me
rebaptiser de ce nom, mes parents m’ont offert une petite gazelle
vivante. Elle est en ce moment à Novotel la Tchadienne à N’djamena. Je
lui rends visite chaque fois que je suis en vacance au pays. Je l’aime
beaucoup »
H comme mes Hobbies
« Je n’ai pas beaucoup de passe temps. Je regarde la télé,
J’écoute la musique, je me balade, je fais du shopping. Mais
l’athlétisme étant ma passion, c’est aussi le meilleur passe temps
pour moi »
I comme mes Intimités
« Comme toute jeune fille, j’ai un cœur mais je ne peux vous dire
si j’ai un copain ou non. C’est une question que je touche pas trop
parce qu’on ne sais jamais…(rire) »
J comme la J.E.C.
« J’étais membre de la JEC (Jeunesse Étudiante Chrétienne) et je
garde un très bon souvenir de ce mouvement. Il m’a permis de découvrir
Dieu et vaincre ma timidité. Grâce à la prière des jécistes, leurs
conseils je me sens aimée de Dieu. Je pense particulièrement au père
l’aumônier, François Degastine qui m’a toujours dit de ne pas oublier
Dieu dans ce que je fait »
K comme Kaltouma
« C’est le nom d’une femme soudanaise très amie a ma mère qu’elle
m’a donné. A ma naissance à Bol, mes parents font le « oussoum »(le
baptême) à la manière musulmane. C’est alors l’amie de ma mère m’a
prêter son nom. Il semble que cela signifie « fille spéciale ». La
Soudanaise est devenue maintenant Tchadienne ».
L comme Langues parlée
« Je parle le français et l’anglais, en plus du Sara, le Gor, le
Bedjondd et l’arabe tchadien je comprends aussi un peu le portugais et
l’italien »
M
comme Médailles
« Durant ma carrière de 1993 en 2003, j’ai gagné 5 médailles
internationales dont trois en or et 2 en argent, 45 médailles
canadiennes dont 40 en or, et quelques médailles en d’argent et de
bronze. Bref, j’ai une centaine des médailles. Au Tchad, j’ai eu que
de titres de championne et de records. Il n’y a pas des médailles ».
N comme Nadjina
« C’est nom de famille. Plus exactement le nom de mon père ».
C’est diminutif du nom, Nadjilenan »
O comme mes Objectifs
« Mon premier objectif est de gagner la médaille olympique parce
que la médaille olympique est plus relevée que la médaille du monde.
Après mon diplôme aux cours que je suis, je compte travailler au PNUD
parce que j’aime bien aider les pauvres. Je voudrais m’investir dans
la lutte contre le SIDA, la pauvreté ».
P comme mon Parcours
« J’ai commencé l’athlétisme au collège évangélique de N’Djamena.
En 1993, je suis allée en Allemagne, 1994 au Portugal pour le
championnat du monde. En 1995, je suis allée à Harare au Zimbabwe,
j’étais la seule fille tchadienne à parvenir en finale en 600m. En
février 1997, j’ai quitté le Tchad pour les États Unis avec ma bourse
jusqu’en 1999. J’étais allée aux jeux olympiques mais je n’ai
participé qu’aux 200m parce que mon entraîneur a estimé que j’étais
trop petite pour faire les 400m avec des grandes. Puis me voici au
Canada. »
Q comme Questions que je me
pose
« Je pose souvent la question de savoir qu’est ce qui allait se
passer si je n’avais pas ma famille et la population tchadienne à mes
coté.Au centre où je suis en ce moment nous étions 25 athlètes
boursières au début. Aujourd’hui je me trouve être la seule à
bénéficier encore de la bourse. Je me demande souvent les raisons
profondes de cette chance particulière».
R comme mes Records
« Mes records sont aussi ceux du Tchad dans la plupart de domaines
: ils sont entre autres de 22’’73 en 200m, 50’’38 aux 400m, 2’10 aux
800m. Je détiens aussi le record canadien des 300m en salle avec un
temps de 37,04 »
S comme Souvenir (mon meilleur
souvenir)
« Il était 1 heure du matin quand je suis descendue
de l’avion. Mon téléphone a sonné, j’ai décroché. C’était… le
Président de la République au bout du fils. Émue, j’ai versé de
larmes. C’était le jour de mon retour au pays avec les médailles des
jeux de la Francophonie. Le meilleur souvenirs que je garderai à
jamais au cœur est cet accueil magnifique m’ont accordé les tchadien
en commençant par le chef de l’État. C’est trop d’honneur pour moi et
je n’oublierai jamais ce jours».
T comme Tchadienne
« J’étais sollicitée par la fédération canadienne à changer ma
nationalité pour représenter le Canada aux jeux olympique. En
discutant avec certains de mes amis, tout le monde m’a conseillé
d’accepter la proposition mais ma mère me l’a déconseillé. J’ai
préféré écouté cette voix parce que je crois que le Tchad a aussi le
droit d’avoir des références. Changer ma nationalité serai lui refusé
cette chance parce que aujourd’hui, grâce à moi, beaucoup de personnes
qui ne connaissaient le Tchad, le découvrent. Si j’avais changé la
nationalité, je ne serai pas accueillie de la manière que vous
connaissez. Je serais peut être reçu comme une Kaltouma Canadienne. Ce
serait triste. Je suis tchadienne.».
U comme Unité
« Mon grands souhait pour le Tchad, c’est l’unité. Par mon qui met
ensemble le Nord et le Sud, par mon accueil dans la coutume musulmane
à naissance et mon appartenance la religion chrétienne, je voudrais
être le symbole d’un Tchad pluriel mais uni ».
V comme Villes visités.
« En plus de ma ville natale et celle où je vis, j’ai visité pas
mois d’une centaine de ville. Au Tchad, en Afrique et dans le monde .
J’ai visité entre autres, Moundou, Sarh, N’Djamena,…Yaoundé Abidjan,
Dakar, Alger, Tunis, Harare, Johannesburg,…Paris, Bruxelles, un nombre
important de villes Américaines et canadiennes . J’ai aussi fait
l’Asie . Bref, beaucoup de ville. Mais de toute ces visitées, je suis
particulièrement marqué par Athènes (Grèce) ».
W comme mon Week-end
« Mon week-end n’a qu’un seul jour : le dimanche. Je m’entraîne de
lundi à samedi. » Il n’y a que le dimanche
où, après l’église je peux me permettre de prendre un peu d’air
différent »
X
comme Xénophile
« J’aime de tout cœur mon pays mais je suis aussi ouverte à la
culture de autres. Dans le centre où je m’entraîne, nous sommes de
jeunes venus de pays très lointains mais nous entendons comme des
frères et sœurs d’une même famille. pour être riche, il faut accepter
l’étranger »
Y comme Yaweh( Dieu)
« Je ne suis rien et je ne serai encore grandement rien si Dieu ne
m’accordait pas sa grâce. Je me lève et je m’endors en me confiant à
lui. Tous mes résultats sont des cadeaux qu’il a accepté de faire. Je
conseille à tous les jeunes qui ont des rêves de croire en Dieu et
leurs rêves se réaliseront ».
Z comme Zénith
« Comme un soleil qui monte, je ne crois pas avoir déjà atteint le
zénith pour commencer par descendre. Il me reste encore ¾ de distance
à parcourir. En terme d’effort pour monter plus haut, soyez rassurés,
ce n’est pas pour bientôt mon point finale ».
Propos recueillis par Mini Mini
Médard |