|
A 24 ans, Horta Aliba est l’une des
pièces maîtresses de son équipe, Celles sur Belle, en France. Bien que
déçue par le manque de compétitions de l’équipe nationale du Tchad, la
jeune fille n’en démord pas et souhaite marquer son passage dans le
handball en s’inscrivant dans le livre d’or. «Je veux jouer à un haut
niveau aussi longtemps que possible en France et pour l’équipe
nationale de handball du Tchad», déclare-elle avec conviction.
Née le 15 septembre 1985 à N’Djamena,
la capitale du Tchad, c’est à l’école primaire Annexe d’Ardepdjoumal
qu’elle a découvert sa voie à travers les cours d’Education physique
et sportive (EPS) imposé à tous les enfants. Et depuis cette tendre
enfance, son talent est loin de se consumer.
Son passage au centre de formation
de Handball d’Emmanuel Madjingar vient renforcer ses
potentialités. Horta a alors attiré l’attention d’Asnodji Sanengar,
entraineur du club PMU (Pari mutuel urbain) devenu Pétro-Sport. Avec
ce club, elle a gagné dix fois le championnat du Tchad lui donnant
ainsi la chance de développer son handball et d’aiguiser son rêve de
devenir joueuse professionnelle.
En 2002, grâce à un repérage effectué par Brigitte Blois venue au
Tchad dans le cadre d’un projet du développement de handball féminin,
Horta s’envole vers la France pour un stage de formation. Après trois
mois de test, elle confirma sa place et a dû regagner son pays pour les
formalités d’usage avant de repartir en France. La galère commence
pour la jeune sportive qui a couru derrière le visa pendant deux ans
avant de l’obtenir.
La jeune fille obtient finalement
son contrat de joueuse professionnelle et s’établit au pays de Nicolas
Sarkozy, en 2004.
Son contrat lui a permis de jouer pendant trois ans
en D1 à Angoulême. Avec ce club, elle fut deux fois championne de
France (2006 et 2007) avant de quitter pour Poitiers où elle a joué
pendant un an. Après Potiers, elle décide de poser sa valise au club
de Celles sur Belle où elle a signé pour deux ans. Horta
fait partie des rares joueuses de handball qui jouent dans deux postes
à la fois. Aujourd’hui, elle est capable de jouer au poste d’arrière
gauche et droit.
Parallèlement à sa carrière
professionnelle,
Horta encadre
depuis 2004 les écoles de handball et intervient au niveau des écoles
pour faire des animations en handball. Elle entraine aussi les moins
de 14 ans. Une expérience qu’elle compte mettre au service de sa
nation le Tchad.
Depuis son départ du Tchad d’il y a
cinq ans, Horta n’a pas livré un match international avec l’équipe
nationale du Tchad. Pourtant disponible à jouer à tout moment pour son
pays, Horta affirme que personne n’a osé lui faire appel pour quoi que
ce soit. Son dernier coup de main à l’équipe nationale date de
décembre 2008 lorsque la jeune fille était en vacances à N’Djamena. Ce,
juste pendant les entrainements de l’équipe nationale pour la
préparation d’une sortie internationale.
Face à cette indifférence de la
fédération, elle avoue : « je suis prête à défendre les couleurs du
Tchad mais jamais on me fait appel pour renforcer l’équipe nationale.
Dans ce contexte comment pourrai-je défendre mon pays ?»,
s’interroge-elle. Elle pousse sa pensée plus loin par une déclaration
plus mordante : « je compte servir mon pays mais si d’ici 2 ans on ne
me sollicite pas, je changerai de nationalité».
Ne doutant pas du niveau de ses
sœurs tchadiennes, elle essaie au tant que peut se faire de faire, de
propositions aux clubs en Europe, mais les tchadiennes ne sont
toujours pas les bienvenues. Principale raison : les handballeuses
tchadiennes ne sont pas connues dans cette discipline sur le plan
international. Horta les exhorte à faire plus d’efforts et un jour,
elles feront briller le tricolore tchadien. Et pour y arriver, seul le
travail compte.
Alexis Djimasra – Monrovia-Liberia
|