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Achille Baldal et «les Politichiens»

Achille Baldal,
l’étoile montante du reggae tchadien est de passage à Montréal. Une
visite amicale mais aussi et surtout, une occasion de tâter le terrain
pour la promotion de son nouvel album et son clip qu’il compte tourner
en partie dans la métropole québécoise.
Deux tasses de bouillie et de jus d’oseille sur la table, les frères
musulmans viennent de rompre le jeûne. Nous sommes à Montréal. Une
musique reggae inonde le salon. C’est la chanson «les
Politichiens», le titre phase du nouvel album d’Achille Baldal :
celui qu’on appelle Alpha au Tchad. L’ambiance est familiale. Vickie
la jeune malienne dans la pièce ne pouvait imaginer que l’homme
souriant et très modeste assis à coté d’elle, était celui dont la voix
grave faisait vibrer les murs. La discussion est lancée, l’artiste et
l’artiste se présente et dévoile ses projets.
Chanteur et
auteur compositeur, Achille Baldal se définit comme reggæman et non
rasta man. «Le reggae est un rythme, un genre musical qui
convient aux messages engagés que je chante, alors que le rasta est
une philosophie très compliquée que je ne maîtrise pas du tout»,
précise l’artiste aux cheveux non tressés. Après Africa,
son premier album réalisé en Côte d’Ivoire dans des conditions
modestes grâce à un ami camerounais Victor Bekono, Achille sort «Les
Politchiens» ou «Aventurier» ( l’artiste hésite encore être
les deux titres).
Aussi
rythmé que le premier, l’album est cependant plus engagé politiquement
et socialement. Il comporte huit titres: (Mandela,
Terrorisme, N’Djamena, Aventurier, Centrafrique, Justice for all, Les
Politichiens et Adieu Aldo) chantés en
français, anglais, sara, arabe tchadien et sango. Cette diversité
linguistique relève de la richesse culturelle et le goût d’aventure de
l’artiste qui a vécu au Tchad, en Centrafrique, Cote d’Ivoire et les
États–unis sans oublier ses nombreux voyages en Europe et autres. Plus
engagé, le produit est aussi plus moderne. Enregistré
aux USA, le CD sera masterisé à Paris où l’artiste se rend pour signer un contrat avec la
maison FNAC pour la distribution. Le produit final sera disponible dès
décembre sur le marché de disques après le lancement prévu pour le
même mois à N’Djamena. Un contrat est aussi acquis avec la maison
Virgin Megga Strores pour la distribution aux États-unis
Entre les deux
albums du jeune reggæman tchadien,
l'écart tomporel semblait grand. Cependant,
«Achille n’est pas mort musicalement», comme il aime le
répéter. Il est au contraire de plus en plus vivant aux États-unis où
réside et travaille pour une compagnie aérienne. «Je suis de plus
en plus connu ces derniers temps. Je donne trois à quatre concerts par
mois et le public est de plus en plus grand» relate-il.
Aventurier comme
il se le réclame, Achille Baldal qui a quitté le Tchad en 1996 pour la
Côte d’Ivoire a débarqué aux USA en 2002. Le pays est grand et
l’environnement linguistique et capitaliste ne lui est pas aussitôt
favorable. Le jeune aventurier prend alors conscience d’une réalité
cruelle : «quand on est en Afrique, on pense que le meilleur est
ailleurs, on a l’impression que tout va de soit en occident. Mais une
fois au terrain, il faut travailler dur. Sinon ce n’est pas du tout
facile», confesse t-il. Mais brouillard et fonceur,Achille s’est donné juste
le temps qu’il faut pour apprendre la langue anglaise, découvrir le
système, s’intégrer et se faire des contacts sans pour autant lâcher
sa passion. Puis il fonde son groupe, One nation; une
équipe très multiculturelle composée d’un Jamaïcain (Tonny le
batteur), un Philippin (Rhon le soliste), un Guinéen (Farah le
batteur), un Soudanais (Magok le bassiste), une Française ( Isabelle,
choriste), Une Italienne (Marie, choriste)et une Américaine ( Chantal,
choriste). C’est avec cette équipe aux couleurs de l’arc en ciel que
dernier a album réalisé. C’est aussi avec elle qu’il compte tourner
son clip aux États-unis et au Canada. À Montréal où il est venu
annoncer ce projet, Achille compte entre autres sur
le groupe H'Sao qui connaîit déjà bien le terrain pour l'aider à mener
à bien son projet. Le reggaeman qui n’a pas besoin de fumer pour son
inspiration aussi reçu la promesse de soutien
de la part des compatriotes comme Mandekor DATELBEYE (www.tchadeco.com),
Alain ROSNGAR, Muhammad Ousmane Daba, Delaville SEWINGAR.
Il ne reste plus qu’à tenir parole.
MINI-MINI Médard
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