Au
nombre des styles adoptés par Yeleen pour cet album, le rap,
le reggae, la rumba, la musique urbaine, slam et le jazz occupent une place de choix.
Album qui a été présenté officiellement durant la « semaine de Yeleen » qui a eu
lieu du 07 au 14 février dernier dans la capitale burkinabé. Laquelle a permis de faire
la promo de ce dernier bébé tant attendu par les fans de ce groupe.
Pour cette quatrième
sortie discographique, Yeleen a dû vendre sa peau très chère avant de voir le bout du
tunnel. En effet, une mésentente entre Yeleen, son staff et la maison qui a produit le
dernier album a failli faire basculer leur carrière. Heureusement, Yeleen s’en est sorti
tête haute lors du procès qui l’a opposé à cette maison à Paris peu avant la réalisation
du clip qui a vu la participation de leurs protégés du groupe Magic System. Ces derniers
ont fait un featuring avec Yeleen sur le titre « ça konai pa ». Un style urbain qui
invite les mélomanes à l’ambiance. Titre qui a permis à Yeleen et Magic System de mettre
un pont sur N’Djamena-Ouagadougou et Abidjan.
Plus afro pessimiste
que dans les précédents albums, Yeleen se montre encore plus coriace dans ce dernier album
sur l’un de ses titres (peine perdue) qui étale sur les notes de slam les réalités de
cette Afrique austère vis-à-vis de ses enfants.
Avec le verbe et les
mots nécessaires pour vous maintenir sur votre chaise autant d’heures qu’il faudra, le rap
de Yeleen traduit la pensée des jeunes africains de la nouvelle génération en proie aux
multiples maux qui les minent. Leur style musical jeune qui sort de la mêlée est
actuellement consommé par toutes les couches de la population. Le succès de ce groupe
tchado-burkinabé ne cesse de traverser les frontières du continent africain.
Composé d’un jeune
Tchadien, Mbaitoubam Mawndoé Célestin (griot, originaire du Logone Occidental) et du
Burkinabé Salif Kikiéta (Smarty), rappeur dans l’âme ayant fait ses premiers pas dans le
mouvement Hip-Hop depuis la Côte-d’Ivoire, son pays de naissance, Yeleen fait partie des
groupes africains les mieux côtés avec son rap «made in Africa». Ses textes qui
s’inspirent de nos réalités et ses mélodies issues d’une fusion de la musique africaine et
moderne avec une influence jazz montre la maturité de ce groupe né en 2000 à Ouagadougou
au Burkina Faso d’une rencontre de ces deux jeunes aventuriers qui ne sont jamais
satisfaits de leur travail et qui cherchent toujours à atteindre la perfection.
Yeleen, lumière en
Bambara est de nos jours le flambeau qui éclaire le chemin de la jeunesse africaine. Il
éveille la conscience et rappelle à l’ordre. Rares sont les groupes qui surprennent dès la
sortie de leur premier album et qui maintiennent leur position ascendante. Mais Yeleen
résiste encore. L’attention que l’on accorde à ses albums témoigne à suffisance de la
grandeur de ce célébrissime groupe. Ses trois albums précédents ont laissé des empruntes
dans la mémoire des mélomanes.
Le tout premier «juste
1 peu 2 lumière», a ouvert groupe la porte de la gloire et cela lui a valu une place parmi
les nominés de Kora. Avec le deuxième album «Dieu seul sait», Yeleen revient au devant de
la scène confirmer sa place de leader du Rap burkinabé sur le marché du disque. Destin
aidant, ils obtiennent en mai 2007 à Bamako le Kundé d’or avec l’album «Dar es salaam» qui
se vend comme de petits pains.
La diversité des
langues qu’utilise Yeleen à travers ses albums fait accroître au jour le jour son champ
d’action. La plupart de ses messages véhiculés en Arabe, Dioula, Sahra, Français, Moré ou
Bambara touche plus d’un mélomane et concourent véritablement à penser à une Afrique unie.
Ils critiquent les pratiques traditionnelles dangereuses, mettent un accent particulier
sur les méfaits de la guerre qui endeuillent les familles africaines et redonnent l’espoir
à cette jeunesse oubliée.
Dans leur carrière
professionnelle, les éléments du groupe Yeleen ont roulé leur bosse en faisant de
featurings avec certains grands noms du rap africain. Leur collaboration avec le
Sénégalais Didier Awadi, l’un des mentors du mouvement rappologique africain, le boss du
studio Abazon Smockey, le groupe Faso Kombat, le groupe tchadien Otentik et actuellement
Magic System illustrent à merveille la considération qu’on leur accorde.